Le bébé fait-il réellement des caprices ?

Blog pour futurs et nouveaux parents

 » Les caprices n’existent pas. Ce sont des inventions des adultes »

Isabelle Filliozat

Pourquoi les bébés pleurent-ils souvent ?

Il y a plusieurs raisons à cela. En voici quelques unes:

Un cerveau pas fini
  1. Nous le disions déjà dans l’article intitulé  » Foetus dehors « , le petit humain naît prématurément, en tout cas trois mois trop tôt. C’est le seul moyen que la Nature ait trouvé pour qu’il puisse s’extraire du ventre de sa mère avant qu’il ne soit trop gros.

cervenad.blogspot.com

En raison de l’immaturité de leur cerveau, le sommeil des nourrissons est constitué des cycles beaucoup plus courts que le nôtre.

www.sommeil.org

Ainsi, entre chaque cycle ( moins d’une heure), le bébé risque de se réveiller.

Il faut plusieurs semaines pour que la mélatonine, l’hormone qui règle la veille et le sommeil, soit sécrétée en suffisance et au bon moment!, soit à la fin du jour. C’est pour ça que le bébé crie de jour et de nuit !

Ce n’est que lorsque ce rythme sera finement régulé que le bébé pourra faire ses nuits. Cela peut prendre entre 6 semaines et 6 mois si tout va bien.

Mais cela peut être beaucoup plus long aussi, car il y a plein de facteurs extérieurs qui influent, notamment le bruit et le stress ou  la maladie. Comme je l’ai déjà écrit dans un article précédent:

il ne faut pas laisser pleurer les bébés

car cela les stresse énormément et va donc les aggraver.

En effet,  le système nerveux végétatif comprend deux systèmes opposés et complémentaires:

  1. le système parasympathique ( celui qui calme )
  2. le système sympathique ( celui qui excite)

Or, chez le bébé, le parasympathique n’est pas encore fonctionnel. Le bébé n’a donc pas la possibilité de se calmer par lui-même. Il a besoin de notre système parasympathique pour ça.

Sami-Yoga

Trop tôt pour l’apprentissage

2. Si les bébés sont censés apprendre quelque chose lorsque nous les laissons pleurer, notamment le fait de ne pas faire des caprices,

c’est mal parti ! 

Avec un petit cerveau de 350 grammes à la naissance, il n’y a pas encore ( avant longtemps) de connexions neuronales pour faire des relations de causes à effets.

Pour cela, il faudrait de la mémoire ( ce qu’ils n’ont pas encore), de la réflexion ( ce sera pour plus tard) et du raisonnement ( idem). C’est à dire que si un bébé pouvait faire un caprice, il faudrait qu’il se dise :

  • « La dernière fois que j’ai beaucoup pleuré, ma maman a fini par venir. Alors maintenant, j’ai besoin qu’elle vienne, en fait, je veux qu’elle vienne, alors je vais crier à plein poumons pour lui casser les oreilles, pour qu’elle vienne plus vite que prévu par les horaires.« 

Absurde! me direz-vous.

Je suis d’accord, car cela ne se passe pas ainsi dans la réalité, tout simplement parce qu’ il n’a pas encore assez de neurones pour faire tout ça.

Comprenons bien que le bébé est neurologiquement incapable de faire des caprices !

Les horaires ? Le bébé n’a pas la notion du temps.

3. Oui, venons-y aux horaires.

Ce sont mes confrères les pédiatres ( et les sages-femmes peut-être aussi?) qui ont voulu être plus intelligents que la Nature. Ainsi, devant les pleurs des bébés, qui laissent plus d’un parent démuni, ils ont recommandé de tenir des horaires fixes  et de laisser pleurer le bébé entre temps pour qu’il s’habitue !

Qu’il s’habitue à quoi ?

A nos horaires, pardi !

MJC Ermont

Et pourquoi pas aux siens?

Parce que cela nous dérange dans nos habitudes et notre organisation.

Mais je vous pose la question:

  • qui d’entre nous, a un cerveau assez grand et fonctionnel pour pouvoir s’adapter ? Vous trouverez aisément la réponse.

Or « un bébé qui pleure est un bébé qui souffre »

nous dit la psychomotricienne Suzanne Robert-Ouvray.

A défaut de me répéter, le bébé ne sait pas que sa maman va venir dans 20 minutes. Il n’a pas la notion du temps !!!

Alors, il expérimente à chaque fois des émotions de terreur dans sa solitude, lui qui ne connaît que la présence constante de sa mère avec laquelle il a vécu pendant 9 mois en symbiose.

Les quantités

4. Les professionnels de la périnatalité ont aussi pré-établi des quantités de lait que le nourrisson est censé boire.

Babylux

Dans leur esprit, il faut absolument qu’il absorbe ces millilitres pré-établis, ni plus, ni moins, sinon il n’aura pas assez de force pour grandir. Il s’agit donc d’une bonne intention qui ne nécessite pas de jugements de notre part. Mais ne dit-on pas que

« Le paradis est pavé de bonnes intentions ? »

Dans les cas d’allaitement, il est préconisé ( en toute bonne intention) de peser les bébés avant et après la tétée. Alors, je vous le demande :

« La Nature a-t-elle fait pousser des pèse-bébés parmi les herbes et les arbres ? Combien de petits mammifères ( de la souris à l’éléphanteau) meurent-ils de faim parce qu’ils n’ont pas été pesés avant et après leur repas ? « 

www.distrimed.com

Peut-être que vous trouvez que je pousse un peu le bouchon. Vous avez raison, je force l’image pour que nous prenions conscience de notre hyper contrôle.

Donc, si le bébé pleure en fin de repas parce qu’il a encore faim, il faudra qu’il attende le repas suivant! Il aura peut-être droit à une tétine comme leurre.

S’il ne prend pas toute la quantité, ce n’est pas mieux : on le forcera.

  • Savez-vous que certaines personnes ( bien pensantes) lui bouchent le nez pour l’obliger à avaler ?
  • et que chez ceux qui ont tout de même avalé toute la quantité, il arrive que le lait leur ressorte par les narines?

Quelle violence tout de même, vous ne trouvez pas ?

La régulation de l’appétit

Il faut absolument que nous fassions à nouveau confiance à la Nature qui a tout prévu. Nous avons dans notre cerveau reptilien ( le premier de nos trois cerveaux, celui qui contrôle les fonctions végétatives) un centre qui contrôle le sentiment de faim et de satiété.

Slide Serve

Et ceci fonctionne déjà chez le nourrisson, car le cerveau reptilien ( responsable de la survie) est le seul de nos trois cerveaux à être pleinement fonctionnel à la naissance déjà !

Comme d’habitude, la Nature a tout prévu. C’est magnifique !

Aucun bébé ne se laissera mourir de faim à moins d’avoir une maladie ou un trouble psychiatrique graves. Dans ces deux cas, il y aura suffisamment d’autres symptômes en plus pour y attirer notre attention.

A défaut de ces deux situations graves, le centre de la faim et de la satiété, situé dans l’hypothalamusgérera l’appétit du nourrisson comme il le fait chez nous.

Le respect de l’autre

Que penserions-nous si l’un de nos supérieurs, en toute bonne intention, décidait à notre place de quand et combien nous devrions manger?

Nous avons, nous aussi, des fluctuations, dans nos appétits ( et nos soifs aussi, évidemment !). Et nous savons combien la faim est tenace, qui nous met littéralement en chasse de nourriture. Et nous savons aussi à quel point c’est pénible de manger lorsque nous n’avons pas faim.

Alors, ne l’imposons pas à nos bébés qui sont sans défense face à notre « toute-puissance » sur eux.

Ayons du respect et de l’écoute pour TOUS ses besoins.

www.etreautisteaujourdhui.com

Le lactose est un sucre

4. Dans l’établissement de ces horaires et quantités, mes confrères ont juste oublié un détail de prime importance, c’est que

le lait contient principalement du lactose

et que le lactose est chimiquement parlant, un sucre.

Bio à la une

Or, nous le savons tous, le sucre est très vite absorbé, mais aussi très vite métabolisé. Comme le nourrisson ne peut encore en ingérer que de toutes petites quantités (car son estomac est tout petit),  il se retrouve donc très vite en hypoglycémie ! Eh oui !

Cela crée un sentiment très désagréable de faim et du stress également. En effet, cela active son instinct de survie, et pour l’instant, la seule chose qu’il sait faire, c’est de crier. Alors il crie !

Les caprices n’existent pas

www.ensemblenaturellement.com

Il y a certainement d’autres raisons, mis à part celles que je viens de lister ci-dessus, qui expliquent les raisons de crier du nourrisson, ne serait-ce que les douleurs, le trop chaud, le trop froid, etc. Tous ces facteurs d’inconfort activent le système de survie.

Le bébé n’a jamais l’intention de nous provoquer ou de nous pousser à bout.  Soyons donc attentifs à nos fausses interprétations !

Vous l’aurez compris, l’instinct de survie n’a rien à voir avec un caprice. Il s’agit donc d’une fausse interprétation des adultes qui n’ont pas réfléchi jusqu’au bout du problème. Et là, je parle avant tout de mes collègues médecins, car

> les parents, eux, appliquent ce que leur conseillent les spécialistes

auxquels ils font toute confiance. Et c’est normal.

Nous verrons dans un autre article, que les médecins ont fait une autre très grave erreur de ce style ( mieux savoir que la Nature) qui a coûté la vie à des millions de nourrissons ! C’est le problème du coucher ventral. En attendant l’article qui y sera consacré, évitez de coucher vos bébés sur le ventre. C’est une « fausse bonne idée ». Je vous expliquerai cela en détail.

Mais pour l’instant, nous en sommes à la problématique des caprices qui, vous l’aurez compris, N’EXISTENT PAS ! Il faut nous le marteler en tête, même si nos familles ou nos amis essaient de nous en convaincre.

J’aimerais vous donner mon témoignage personnel de maman. J’ai allaité mes trois enfants à la demande et AUCUN  des trois n’est devenu capricieux.

Des limites indispensables

On peut éventuellement rencontrer des enfants capricieux chez les plus grands (à partir de 3-4 ans), chez les enfants-rois. Mais ceci n’est pas de leur faute. S’il le sont devenus, c’est parce qu’ils n’ont pas reçu de limites bienveillantes, limites indispensables à leur bon développement, notamment en ce qui concerne la structuration sur tous les plans.

www.zoPix.net

Les limites sont aussi indispensables aux  enfants que le sont les berges pour un fleuve:

s’il n’y a pas de berges, il n’y a pas de fleuve !

Ce sera le sujet d’un article lorsque nous aborderons l’éducation.

Pour le bonheur de tous

Pour l’instant, notre bébé adoré à besoin de notre secours et de notre présence. Beaucoup, beaucoup et très souvent.

Mais c’est aussi pour notre propre bonheur, car rien ne vaut la douce tendresse que l’on peut échanger avec nos tout-petits. Cela fait sécréter dans nos cerveaux, simultanément, l’ocytocine, l’hormone de l’attachement et de l’amour, la sérotonine, celle de l’apaisement et la dopamine, celle du plaisir.

www.pinterest.com

C’est ça que la Nature a prévu et tout cela, c’est magnifique ! Merci à la vie.

Voici un livre que je vous conseille:

Si vous avez aimé cet article,

pensez à laisser un commentaire et à le partager avec vos amis

Retrouvez-moi sur mon site www.corneliagauthier.com

et inscrivez-vous à ma Newsletter

Vous trouverez encore plus d’informations dans mes deux livres

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *