Le printemps de la vie : Les sens complémentaires

Le 11 mars

La citation du jour :

 Il faut mettre de côté le temps unique,

seuls comptent les temps multiples, ceux de l’expérience.

André Bergson

Sens complémentaires

Dans l’article précédent, nous avons évoqué l’origine de nos 5 sens. Mais savez-vous que nous en avons plus ?

La somesthésie

La somesthésie est l’un d’entre eux. Elle désigne un ensemble de différentes sensations qui proviennent de plusieurs régions du corps comme la peau, les tendons, les articulations, les viscères.

Mais elle ne comprend pas les informations provenant des  5 sens, à savoir celles d’origines visuelles, auditives, gustatives et olfactives. La somesthésie est le premier système à être fonctionnel au cours de la vie fœtale.

Grâce à cette propriété que l’on nomme proprioception, nous savons toujours comment notre corps est positionné. Elle nous renseigne aussi sur tout ce qui touche à nos mouvements.

Down side up. Flickr.com

La stimulation du corps est un besoin fondamental. On peut vivre en étant privé des autres systèmes sensoriels.  Par contre, la privation des stimulations somesthésiques provoque des troubles psychologiques majeurs et irréversibles chez les gens qui en sont victimes. L’isolement est la pire de tortures infligées dans certains systèmes carcéraux.

Au contraire, la stimulation régulière du système somatosensoriel produit de nombreux effets positifs, tant sur les plans physiologiques, psychiques que comportementaux.

Contrairement à ce que l’on observe chez les bébés négligés, on assiste à un gain pondéral nettement supérieur chez les nourrissons bien stimulés sur le plan affectif et cognitif. Ils présentent également de meilleures performances dans l’orientation de leur corps et dans leurs activités motrices.

Suffisamment et positivement stimulés sur tous les plans, bébés et adultes confondus, bénéficient d’une meilleure capacité immunitaire ainsi que d’une diminution du taux des hormones du stress (cortisol et adrénaline) par rapport aux personnes moins chanceuses.

Chris Dluglosz-Flickr.com

Globalement, sous l’effet de stimulations somesthésiques en suffisance, ces individus présentent un faible niveau d’anxiété ou d’état dépressif, une bonne qualité de sommeil ainsi qu’un bon niveau attentionnel et cognitif. Finalement, ils ont une facilité pour l’attachement interpersonnel et les relations sociales.

Le sens de l’équilibre

Revenons donc à la richesse de nos sens, ceux qui nous permettent de ne pas être sens dessus dessous.

Pour être réglé finement, notre sens de l’équilibre nécessite la collaboration étroite du système vestibulaire de l’oreille et de celui de la vue.

Barbara DALMAZZO

Le système vestibulaire nous renseigne sur notre intérieur, alors que notre rétine, au fond de notre oeil, nous informe sur notre extérieur.

Lorsque les deux systèmes nous envoient des informations contradictoires, nous sommes alors pris de sensations vertigineuses.

Pour agir, il faut que deux conditions soient remplies de façon automatique :

  • Le maintien en équilibre malgré la gravitation et
  • Une vision claire malgré les mouvements de la tête.

Cela fait tout de même deux malgré ! ce qui nous permet de réaliser que c’est donc un miracle que nous nous sentions en équilibre alors que nous trouvons ça tout à fait normal !

Jordy B-Flickr.com

Magnifiquement réglé, le système vestibulaire de l’oreille assure, de façon réflexe, un mouvement de l’œil exactement opposé à celui de la tête.

L’équilibre est donc assuré par la coordination entre la partie vestibulaire de notre oreille interne et notre regard. Logés dans notre oreille interne, canaux semi-circulaires  ( un pour chaque dimension de l’espace), captent les signaux  quant à leurs positions dans l’espace et ceux-ci sont interprétés par le cerveau en comparaison avec la perception visuelle.

Wiktionary.org

Lorsque la tête change de position, les otolithes (micro cristaux ) sont entraînés par leur poids et continuent d’appuyer verticalement sur le sommet de cellules ciliées alors que la base des cils a changé de position, ce qui provoque une angulation de ces structures. Ce phénomène stimule les cellules sensorielles qui s’y trouvent et qui transmettent l’information au cerveau, traduisant ainsi le changement de position de l’organisme.

 Vetopsy

L’œil et les canaux semi-circulaires informent le cerveau sur la position de la tête et à quelle vitesse notre corps se déplace, accélère, ralentit.

Le vestibule est le voisin et colocataire de la cochlée active dans l’audition. L’oreille interne, leur habitation, à tous les deux, se développe déjà dès la 8ème semaine alors que l’embryon ne mesure encore qu’une vingtaine de millimètres.

Je vous laisse imaginer la magie de ces merveilles microscopiques !

Mais les conditions pour réaliser un bon équilibre nécessitent encore d’autres informations. Celles-ci sont apportées par notre appareil ostéomusculaire qui est équipé de micro capteurs internes situés dans les muscles et les articulations.

Tout en réalisant des mouvements, ce dernier nous renseigne en permanence sur la position de notre corps ainsi que sur la nature de notre  environnement.

Finalement, il y a également des capteurs externes qui sont situés d’une part dans la peau pour nous renseigner sur notre contact avec l’environnement, ainsi que ceux localisés dans la rétine, comme déjà mentionnés.

C’est incroyable toute cette coordination, n’est-ce pas ?

La notion du temps

Non seulement le temps est omniprésent et immatériel, mais encore les humains en ont une représentation différente selon l’endroit de la Terre où ils vivent. En Occident, on en a une vision linéaire que l’on exprime volontiers par le terme de « la ligne du temps ». On peut l’illustrer par les jours, les mois, les années qui défilent et qui se succèdent.

Au contraire, dans certaines cultures orientales comme en Inde, on en a une vision cyclique, où l’on observe des répétitions inlassables de séquences temporelles comme matin-soir, jour-nuit, été-hiver.

Flickr.com

C’est donc le cerveau de l’homme qui a conçu la notion de temps.

Alors que la perception de la vue, du toucher, de l’ouïe, de l’odorat, du goût met en jeu des récepteurs sensoriels spécialisés, il n’existe aucun récepteur spécifique du temps ! Notre cerveau est une véritable machine à traiter le temps.

Qu’on se le dise : Les petits enfants n’ont pas la notion du temps !

La capacité d’évaluer le temps est l’une des caractéristiques principales du lobe préfrontal. La représentation du temps est une notion totalement abstraite car qu’est-ce que hier, aujourd’hui ou demain, si ce n’est une magnifique élaboration de la pensée ? En effet, le seul instant qui existe vraiment, c’est le moment présent. Ce sont nos capacités de mémorisation qui nous permettent de revisiter le passé au travers de nos souvenirs.

Mais la performance maximale de notre cortex préfrontal est sa capacité à se projeter dans le futur.  Cette capacité d’anticipation est paradoxale car elle se base sur nos diverses connaissances acquises dans le passé. Cependant, il ne s’agira pas simplement de reproduire des mécanismes robotisés. Elle se doublera d’intelligence, c’est-à-dire, de la capacité de manier la logique qui est aussi l’une des propriétés spécifiques du cortex préfrontal.

Le sens du « temps qui passe » est notre sens le plus complexe, puisqu’il fait appel à des compétences que le bébé devra acquérir progressivement, dont la mémoire, le langage, l’intégration des expériences personnelles, la perception des rythmes autant dans son corps que dans son environnement.

Flickr.com

L’acquisition de la notion du temps nécessitera plusieurs étapes qui prendront des années.

L’avant, l’en-même temps et l’après sont des notions qui font appel à la mémoire. Mon petit garçon de 4 ans me disait : « Maman, aujourd’hui, c’est demain ? » Trop chou ! mon chéri.

Et dire qu’il aura fallu tout ce temps pour qu’à la fin, les physiciens quantiques nous disent que le temps n’existe pas, que le passé et le futur, c’est la même chose !

Hou là là ! j’ai les neurones qui chauffent!

Alors, pour mieux comprendre ce dilemme, disons que ce nous appelons le temps est en fait sa durée !

Tout cela est expliqué en détails dans mon livre

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Le printemps de la vie: Le développement des sensorialités

Le 10 mars

La citation du jour : 

L’homme est un soleil et ses sens sont ses planètes. 

Novalis

développement des sensorialités

 Oui, nous sommes dotés de 5 sens, mais curieusement, le discours populaire ne tient jamais compte des 3 autres que sont ceux de l’équilibre, de la somesthésie et la notion du temps, sans compter celui que beaucoup nomme le sixième sens, qui est celui de l’intuition.

Ceci est probablement dû au fait que ces derniers ont recours à l’association de plusieurs systèmes sensoriels et qu’ils apparaissent après la naissance et nécessite du temps.

Au contraire, ceux que nous connaissons sous l’appellation des « cinq sens » ne sont le résultat de la stimulation que d’un seul organe spécifique : la peau pour le toucher, le nez pour l’olfaction, la langue pour le goût, l’oreille pour l’audition et l’œil pour la vue. La Nature n’a pas perdu de temps : ils sont déjà tous fonctionnels à la naissance.

Sens du toucher

Douceur et velouté de la peau 

« L’enfant entend avec sa peau dès le début de sa vie intra-utérine, bien avant de disposer d’un appareil auditif fonctionnel » nous dit Catherine Dolto-Tolitch, spécialiste de l’haptonomie.

Le toucher est différent des autres sens, car il implique fréquemment une interaction de réciprocité, celle du corps que nous touchons et celle de notre propre corps qui est touché.

D’ailleurs, lorsque nous disons que nous sommes « touchés », nous décrivons une émotion. C’est le plus complet des sens qui nous permet même de ressentir par l’extérieur des choses de l’intérieur.

Décrivant ce paradoxe, Paul Valéry  le disait si bien:

« La peau est ce que nous avons de plus profond » !

Laurent Billard-Flickr.com

 Très rapidement, autour de la 7ème semaine déjà, se manifesteront les premières sensations tactiles autour de la bouche et dans la paume des mains.

Bouche au naturel par Paky-Flickr.com

La bouche, par son extrême sensibilité, sera dotée du réflexe de succion, qui fait partie des réflexes archaïques du nouveau-né. C’est le moteur principal de notre survie dès la naissance.

Le sens du toucher est probablement le plus important de tous puisque la peau enveloppe entièrement notre corps et que les muqueuses en tapissent l’intérieur.

En plus, la bouche et la main sont les organes les plus représentés au niveau du cortex cérébral. On nomme ces zones les homonculus,  à cheval sur les lobes frontaux (moteur) et pariétaux ( sensitif).

Il y en a deux:

  • l’homonculus sensitif
  • L’homonculus moteur

Le terme homonculus est tiré du latin et signifie  » petit homme« . C’est aussi une version miniature, souvent caricaturale, d’un être humain que certains alchimistes cherchaient à créer.

Sens du goût

Le goût se développe déjà au 4ème mois et le fœtus pourra découvrir plein de saveurs, grâce aux 3000 papilles gustatives qui recouvrent sa langue.

Flickr. com

L’analyse des aliments se fait par les neurones dont les terminaisons se trouvent dans des petits bourgeons à la pointe des papilles.

Les nouveau-nés possèdent plus de papilles que les adultes. Elles ne recouvrent pas seulement la langue, mais également le palais et l’intérieur des joues. Le fœtus boit quotidiennement le liquide amniotique qu’il élimine par la production d’urine.

D’un prime abord, il semble difficile d’imaginer que le fœtus puisse déjà développer ses capacités gustatives alors qu’il n’a encore rien goûté jusqu’au moment de sa naissance.  Spontanément, on pense qu’il commencera à expérimenter ses premières sensations gustatives avec sa première tétée. Mais on sait maintenant qu’il n’en est rien et qu’il déguste déjà le liquide amniotique qu’il avale pendant toute sa gestation.

Mel Hill Photography-Flickr.com

La saveur de ce liquide dépendra de ce que la maman aura ingéré. Ainsi le fœtus naîtra déjà avec toute une palette de saveurs connues. La maman peut donc influencer les préférences gustatives de son futur enfant selon son alimentation.

En ce qui concerne ses préférences, elles représentent de loin la saveur sucrée. Cela peut d’ailleurs s’observer si l’on injecte des saveurs dans le liquide amniotique. Selon s’il en aime ou non le goût, le fœtus  boira une quantité de liquide plus ou moins grande.

Sens de l’odorat

Dès la gestation, l’odorat constitue pour l’enfant une sorte de fil d’Ariane, lui permettant après la naissance de retrouver ses repères et de se rassurer.

J-P. Relier

Dès la 5ème semaine, alors qu’il ne mesure que 4 millimètres ! vous vous rendez compte?, l’embryon humain possède déjà quelques neurones olfactifs. Evidemment, ils ne peuvent pas encore fonctionner.

Durant la gestation, les odeurs sont détectées par les cellules sensorielles qui tapissent l’intérieur des narines. Le liquide amniotique contient des molécules odorantes en suspension.

Cigdem-Flickr.com

Il est intéressant de noter que le nombre d’odeurs détectables en milieu aqueux est plus important qu’en milieu aérien, puisqu’ils sont plus concentrés !

Le fœtus est exposé à certains arômes présents dans l’alimentation maternelle via son sang. Ceux-ci traversent le placenta et parviennent ainsi dans le liquide amniotique.

Dans la mesure où la barrière placentaire devient de plus en plus perméable au cours de la grossesse, la quantité de ces molécules odorantes augmente. Le fœtus va s’en souvenir à l’avenir.

En effet, lorsque plus tard on lui fera sentir des échantillons de plusieurs liquides amniotiques différents, un nouveau-né se tournera immanquablement vers le sien. Dès la naissance, il fera aussi la différence entre l’odeur du colostrum de sa mère et celui d’une autre femme ou d’un lait artificiel.

Même s’il n’est pas très utilisé pendant la vie fœtale puisque les narines sont encore remplies de liquide, le sens de l’olfaction se développe déjà à partir du 7ème mois in utéro. Ce sens est cependant encore très important pour le nouveau-né qui reconnaît immédiatement l’odeur de sa mère, processus fondamental de sécurisation pour lui.

 Sens de l’audition

L’oreille est composée de 3 parties différentes :

  • L’oreille externe qui capte les sons
  • L’oreille moyenne qui effectue leur transmission
  • L’oreille interne qui en assure la perception nerveuse
Comment ça marche ?

L’oreille externe est constituée du pavillon et du conduit auditif, l’endroit où les sons seront récoltés sous forme de vibrations.

A l’instar de la membrane d’un tambour, ces dernières seront transmises par le tympan aux osselets qui se trouvent dans l’oreille moyenne.

Puis, ces informations seront acheminées à la cochlée, puis au nerf auditif qui appartiennent à l’oreille interne.

Celui-là fait la connexion avec le cortex auditif dans le cerveau.

L’autre partie de l’oreille interne est constituée de l’appareil vestibulaire qui gère léquilibre. Je vous en parlerai dans le prochain article.

Qu’entend le fœtus ?

Si l’ouïe devient vraiment fonctionnelle à partir de la 24ème semaine, le bébé « entend » déjà les sons depuis la 20ème par l’intermédiaire des vibrations qu’il perçoit par ses os (c’est ce que l’on nomme la conduction osseuse).

La cochlée est l’endroit où les vibrations sont recueillies pour être transformées en perceptions sensorielles. C’est un organe qui s’enroule sur lui-même autour d’un axe central et qui ressemble à une coquille d’escargot. Lorsqu’elle est terminée, elle fait deux tours et trois-quarts.

Le premier tour de la cochlée est déjà formé à 7 semaines et les deux tours et trois quarts seront complets à 9 semaines ! A ce stade, la cochlée mesure 3 mm de la base à son sommet. Prenons deux secondes pour imaginer ce mini escargot ! Une merveille de précision. Elle va augmenter de taille jusqu’au cinquième mois où elle aura atteint sa taille adulte !

Les premières réactions aux stimuli in utero sont enregistrées dès la 20ème semaine et repérées par la modification du  rythme cardiaque du foetus.

Rappelons que la vitesse du son est d’autant plus grande que le milieu dans lequel il évolue est dense. Ainsi, elle est d’environ 330 m/s en air sec, mais augmente jusqu’à 1500 m/s dans l’eau ( environ 5 fois plus rapide).

A l’intérieur du son par Jérôme Vallet-Flickr.com 

Donc, même si le fœtus baigne dans un liquide obstruant le conduit auditif, et malgré les différentes parois organiques de la mère, il peut entendre les bruits d’origine maternelle comme ceux provenant de l’extérieur, et y réagir.

L’information auditive que le fœtus perçoit varie beaucoup selon les auteurs. Ce qui est certain, c’est que l’intensité des bruits est très amortie par l’ensemble que forme le liquide amniotique, le placenta, les muscles et la peau de la mère.

Les sons aigus sont filtrés. L’enfant entend donc avant tout les basses fréquences, même dans la voix de sa mère. On ne sait pas à quel point la voix du père est entendue. Par contre, on sait que le bébé capte les pensées par d’autres canaux, ce qui est particulièrement frappant lors de séances d’haptonomie que l’on peut déjà commencer à 4 mois de gestation.

 Sens de la vue

Y a-t-il un bijou plus parfait que l’œil ? Que de beauté il représente par sa forme, ses couleurs, ses regards, qui nous vont droit au cœur ? Que de beauté il nous permet de voir et de nous en enrichir !

Christelle-Flickr.com

 Bien que l’œil soit créé en même temps que les autres organes pendant le premier trimestre, le développement de la vision ne commencera finalement que vers le 7ème mois !

En effet, il n’y a rien à voir dans un ventre maternel. Le corps a d’autres priorités, notamment, celles de développer les sensorialités qui sont déjà formatrices pour ce fœtus. Mais tout arrive à qui sait attendre ! Et il va en découvrir des choses lorsqu’il aura quitté son sous-marin.

Ce « club des cinq » qui nous sont bien connus représente cinq portes ouvertes sur le réel, mais ils sont loin d’être nos seules ressources pour nous permettre de nous sentir et de ressentir le monde qui nous entoure.

Demain, je vous parlerai des trois sens complémentaires qui diffèrent des cinq premiers, car ils ne s’acquerront que très progressivement après la naissance, à mesure que l’enfant se développera et deviendra autonome.

Tout cela est expliqué en détail dans mes deux livres

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Le printemps de la vie : Le cerveau triunique ou les 3 cerveaux

Le 9 mars

Le cerveau triunique ou les 3 cerveaux

La citation du jour :

“Les pensées métamorphosent le cerveau lui-même.”

Stanislaw Jerzy Lec

Dès les toutes premières semaines, le cerveau va se créer et se développer  à une vitesse hallucinante, en fabriquant des millions de cellules pour être quasiment terminé à la fin de l’embryogenèse, c’est à dire, à 3 mois de gestation !

Ensuite, il faudra qu’il grandisse et se perfectionne  jusqu’à sa 25ème année de vie pour être complètement mature.

Création, subdivision et spécificité du cerveau

Au tout début, il représentera un simple tube, mais il est déjà constitué de cellules neurales. On le dénomme le tube neural.

Servier

Puis, sur ce tube vont apparaître deux expansions latérales qui deviendront ensuite les deux hémisphères.

Toute cette néo-création est due à une fabuleuse neuroplasticité qui sculpte notre cerveau au fur et à mesure qu’il grandit.

Dans cette première étape, elle suit un parcours fléché bien précis,  sous la commande de nos gènes. Génial, non ?

Ce développement suit l’évolution phylogénétique traversée par le règne animal depuis des millions d’années. Cela signifie que le cerveau va tout d’abord consister en un système de survie propre aux reptiles, puis se doublera d’une nouvelle couche, le cerveau émotionnel propre aux mammifères et finalement, sera emballé dans un papier cadeau, le très sophistiqué cortex, propre à Homo sapiens.

Il s’agit donc de 3 cerveaux différents, néanmoins étroitement inter reliés les uns aux autres , qui selon le système astucieux de 3 boîtes gigognes s’emboîtent l’un dans l’autre.

Le cerveau reptilien

La première boîte, celle qui est au cœur de tout cela, s’appelle le cerveau reptilien. C’est effectivement ce que nous avons en commun avec nos premiers « ancêtres » très éloignés, les reptiles.

Tomoko FUSE -Flickr.com

Cette partie du cerveau contrôle toutes les fonctions végétatives, tels que le rythme respiratoire, le rythme cardiaque, la température du corps, la digestion, la filtration des urines et l’émission des selles, l’état de veille ( vigilance) ou de sommeil, etc. On ne peut pas vivre sans lui. Il s’agit donc de notre équipement de survie.

Malgré le fait que l’on parle parfois de « larme de crocodile », on n’y trouve aucune émotion. Ce système nerveux était donc peu évolué et les parents qui pondaient des œufs ne s’en occupaient plus par la suite. C’est d’ailleurs toujours ainsi pour ceux qui sont restés des reptiles.

Alors, pour améliorer la survie des petits, au cours de l’évolution, se sont développé des mammifères. La grande différence avec les reptiles se trouve dans le fait que ces derniers portent leur progéniture à l’intérieur d’eux-mêmes. Mais lorsque les mammifères mettent au monde leur bébé, celui-ci est si immature, qu’il ne peut pas se débrouiller tout seul.

Survivre grâce aux émotions

Le système limbique

Il a donc fallu que la Nature invente un système plus perfectionné pour maintenir cette nouvelle race d’animaux en vie. Elle a trouvé la clé : munir leur cerveau  d’une extension leur permettant de ressentir des émotions.

Dorénavant dotés de cette nouvelle capacité, les mammifères se sont mis à materner leurs petits et à en prendre soin. Voilà pour notre part de mammifères !

C’est ainsi que s’est mis en place une ébauche de deuxième boîte qu’on appelle le système limbique et qui, dorénavant, nous aidera à ressentir nos émotions.

Tout cela a pris des millions d’années.

Le cortex

Finalement, cerise sur le gâteau, est apparue la troisième boîte, celle qui ressemble à un emballage cadeau, tellement elle est fine.  Elle  porte le nom de cortex ce qui, en grec, signifie « écorce » . On pourrait le comparer à l’écorce d’une orange

Progressivement, ce cortex nous permettra de réfléchir, de manière très rudimentaire au départ, puis de façon de plus en plus sophistiquée comme on le voit chez l’Homo Sapiens d’aujourd’hui, capable de faire des équations mathématiques inimaginables et de créer des technologies des plus hallucinantes.

Tout cela s’est donc produit sur des millions d’années dans l’évolution phylogénétique de notre espèce, et ne prendra que quelques années dans l’évolution personnelle de tout un chacun.

Ces progrès fulgurants et si rapides sont probablement dus au processus épigénétiques que je vous expliquerai dans un prochain article.

L’encéphalisation

Mais revenons donc au cerveau de notre fœtus qui est maintenant devenu un enfant. C’est son cortex qui, dans la deuxième partie de l’enfance, deviendra le lieu d’une fabuleuse expansion de sa partie située tout en avant du cerveau, juste derrière les yeux et le front, que l’on appelle le lobe frontal. On dénomme ce processus d’expansion, l’encéphalisation. C’est cette valeur ajoutée qui fera de nous des humains. C’est ce qui nous différenciera des autres animaux. C’est le cortex qui réfléchit,  associe, questionneanticipe, calcule et qui possède bien d’autres subtilités encore.

 MVY = Flickr.com

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Le printemps de la vie : La neuroplasticité

Le 8 mars

La neuroplasticité

La citation du jour :

Il en est de la pointe de l’esprit comme d’un crayon:

il faut recommencer à le tailler sans cesse.

Charles-Augustin Sainte-Beuve

 Venons-en donc à la neuroplasticité, c’est-à-dire, au modelage et remodelage du système nerveux. Dans plasticité, il y a le mot « plastique« , mais il faut imaginer un plastique mou !

Ce terme un peu bizarre décrit un phénomène encore plus incroyable, le fait que le cerveau se restructure sans cesse, sous l’effet de ses propres stimulations et de celles de l’environnement.

Cette neuroplasticité est extrêmement importante surtout pendant la période fœtale et les premières années de vie, au fur et à mesure des nouvelles connaissances acquises.

L’apoptose

D’une part, le cerveau produit un nombre incalculable de nouvelles cellules via la neurogenèse, d’autre part, il en détruit presqu’autant via l’élagage, qu’on nomme aussi l’apoptose.

Eh oui ! c’est indispensable, sinon, notre noble matière grise et blanche serait depuis longtemps plus dur que du marbre.

Anne-Christelle-Flickr.com

Le cerveau est astucieux. Il se dit qu’il faut créer de nouvelles cellules là où on en demande et détruire celles qui ne sont plus utilisées selon le principe «  use it, or loose« . En français, cela donne: « Utilise-le, ou jette-le« .

Ce principe s’applique d’ailleurs dans tout le corps où les parties non utilisées finissent par s’hypotrophier ou même s’atrophier. Cela s’observe notamment lorsque l’on porte un plâtre pendant quelques semaines suite à une fracture de jambe. Quand on le retire, on est toujours surpris de voir que les muscles ont fondu de moitié. Mais dès que la personne se remet à marcher, la jambe se remuscle. Le corps est intelligent et s’adapte.

Il en est donc de même dans l’architecture de notre cerveau. Les zones les plus utilisées se développent davantage et les sous-utilisées s’atrophient.

Adriana Saetta-Flickr.com

Neurogenèse, synaptogenèse et atrophie

Par exemple, les exercices de mémorisation augmentent le nombre de neurones et de synapses. Dans une étude menée par des chercheurs à Londres, on a découvert que les chauffeurs de taxi (qui doivent réussir un test rigoureux pour montrer leurs connaissances des innombrables rues de Londres) ont un hippocampe plus grand que d’autres hommes du même âge. De plus, la taille de l’hippocampe correspond étroitement au nombre d’années d’expériences en tant que chauffeurs de taxi.

Une autre étude confirme la même hypothèse : en Allemagne, des chercheurs ont examiné le cortex sensorimoteur des joueurs de violon, surtout la partie associée aux mouvements complexes des doigts pour jouer de cet instrument. Les résultats ont montré que cette partie du cerveau est plus développée chez les joueurs de violon que chez les personnes qui ne jouent d’aucun instrument.

Artist unknown-Flickr.com

Malheureusement, le contraire est vrai aussi. Ainsi, chez les petits orphelins roumains négligés, découverts après la chute de Ceaucescu, on a observé par examen IRM, d’importantes hypotrophies du cortex orbitofrontal (zone spécialisée dans les relations et les échanges émotionnels).

Ce processus adaptatif se produit donc au niveau des cellules, mais également des synapses. Selon l’utilisation du neurone, il se crée ou se détruit plus ou moins de synapses.

Le cerveau fait donc régulièrement le ménage.

Voici le livre proposé :

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Le printemps de la vie : La myéline ou substance blanche

 

le 7 mars

Dans les articles suivants, nous revisitons la genèse de notre cerveau qui est un bijou d’horlogerie où tout fonctionne parfaitement avec une incroyable précision et synchronisation.

Laissons-nous émerveiller par tant de magie !

Ensuite, nous parlerons du bébé et de ses parents.

Je vous souhaite de belles lectures

La myéline

Au cours de l’embryogenèse, les cellules myélinisées apparaissent un peu plus tard que les neurones qu’elles entourent, mais par contre, elles continueront leur formidable multiplication, surtout pendant les deux premières années après la naissance.

La myélinisation se poursuivra même encore au delà de l’adolescence, jusqu’autour de 25 ans ! pour les derniers interneurones du lobe frontal.

Elle est  responsable de la très importante croissance du cerveau dans les tout premiers mois de la vie. On estime qu’environ un axone sur trois est recouvert de myéline.

A noter que la myéline est blanche et non orange !

Les axones myélinisés représentent la substance blanche du cerveau qui est un amalgame de faisceaux de fibres axonales alors que la matière grise représente les corps cellulaires des neurones et forme le cortex et divers « noyaux » logés au fond du cerveau.

En tant que matière isolante, la myéline évite les déperditions d’énergie. Cette gaine de myéline permet aussi d’augmenter la vitesse de propagation de l’influx nerveux le long de ces fibres nerveuses. Entre chaque partie myélinisée de l’axone se trouve une partie dénudée, appelée nœud de Ranvier qui elle, est conductrice. Ainsi, l’influx saute d’un nœud à l’autre le long de l’axone, ce qui lui permet de parcourir le trajet en un temps moindre.  La vitesse passe ainsi de 1 m/s pour un axone non myélinisé à  150 m/s pour  un axone  myélinisé ( donc 150 fois plus rapide !).

Les axones sont très importants lorsqu’il y a de longues distances à franchir, comme c’est le cas, par exemple, entre un neurone situé dans le cerveau et un muscle dans la jambe ou le pied.

Donc, la plupart du temps, dans des échanges de proximité, ce sera plutôt le système des synapses chimiques qui sera choisi, alors que sur les longues distances, on préférera le courant électrique, notre TGV personnel !

 Viotte. Genlis-Flickr.com

Myélinisation

L’axone ( tronc) s’entoure d’un manchon de myéline ( matière isolante comme celle qui entoure les fils électriques) qui lui confère en même temps une isolation par rapport aux autres neurones dont les fonctions ne sont pas les mêmes, mais aussi une accélération de la transmission de l’influx nerveux. La myélinisation commence déjà in utero, autour du 4ème mois.

Mais elle ne sera pas complète à la naissance. Son développement le plus intense se fera au cours des 6 premiers mois postnataux, tout en  se poursuivant néanmoins encore jusqu’à la puberté. C’est la myélinisation du cerveau qui, de concert avec la synaptogenèse, sont à l’origine de la maturation du cerveau.

Tout ceci est décrit en détail dans mon livre

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recherches utilisées pour trouver cet article:MYELINISATION DE LA SUBSTANCE BLANCHE ENFANT

Le printemps de la vie : L’axone

Le 6 mars

La citation du jour :

 Si vous voulez aller vite, allez seul, si vous voulez aller loin, allez ensemble.

Proverbe africain

L’axone

Oui, il nous reste à comprendre l’axone, qui représente cette longue traînée qui suit notre étoile filante.

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 En réalité, il s’agit d’une fibre plus ou moins longue, qui communique aussi avec d’autres cellules, mais en leur envoyant des messages électriques. C’est un système complètement fabuleux, inventé bien avant nos fils électriques par notre mère, la Nature.

Fils électriques @ Inter Béton _ Barbara _ Flickr

A l’instar de cette ingénieuse invention de nos systèmes de conduction électrique, cette partie-là du neurone consiste en un tissu très sensible à cette forme d’énergie qu’il transporte à toute vitesse. Et comme eux, pour éviter des déperditions d’énergie, chaque neurone est pourvu d’un système isolant qu’on nomme la myéline.

En fait, l’homme passe son temps à découvrir ce que la nature avait déjà inventé. Mais c’est tant mieux !

Les axones sont très importants lorsqu’il y a de longues distances à franchir, comme c’est le cas, par exemple, entre un neurone situé dans le cerveau et un muscle dans la jambe.

Donc, la plupart du temps, dans des échanges de proximité, ce sera plutôt le système des synapses qui sera choisi, alors que sur les longues distances, on préférera le courant électrique, notre TGV personnel !

Et pour compliquer le tout, il y a encore les hormones, qui sont transportées par le sang.

Mais pour éviter de partir dans toutes les directions, nous en resterons là. C’est déjà extraordinaire, tout ça, vous ne trouvez pas ?

Demain, je vous parlerai de la myéline qu’on appelle aussi la substance blanche.

Tout ceci est expliqué en détail dans mon livre

Voici le livre proposé:

Neurosciences : A la découverte du cerveau Relié – 16 juin 2016
de Barry W. Connors (Auteur), Mark-F Bear (Auteur), Michael A. Paradiso (Auteur), & 1 plus

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Le printemps de la vie: La synaptogenèse

Le 5 mars

La citation du jour :

 « Voyez-vous dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions les suivent. » 

Antoine de Saint Exupéry

La synaptogenèse

-Alors, cette synaptogenèse ? En quoi est-elle différente de la neurogenèse ? c’est un peu du chinois tout ça.

-Oh, ben non, ce n’est pas sorcier : la neurogenèse, c’est la création de nouveaux neurones et la synaptogenèse, la création de nouvelles synapses. CQFD !

-?

-OK, le mot synapse signifie connexions. Il vient du grec syn « ensemble» et haptein « toucher, saisir ». On aime bien toujours mettre un peu de latin et de grec en anatomie et en médecine, tout court.

Synapses par Linda, flyckr.com

Alors voilà : les dendrites du neurone ont la capacité de répondre à une stimulation, en créant des nouvelles connexions, de plus en plus nombreuses, au fur et à mesure des répétitions. C’est bien ce que je disais, il y a quelques jours, nous apprenons tout par répétitions.

Et c’est ainsi que le cerveau va se spécialiser, dans n’importe quel domaine, d’ailleurs. Que ce soit celui des langues, de la marche ou de la natation, de la musique, des compétences relationnelles ou des violences !

Le cerveau ne peut pas faire la différence. Il crée des synapses là où il y a de la stimulation.

Neural Stimulation par Gabe and Amanda Phoenix

 Alors, tout simplement, à la place de l’appeler la connexiogenèse, on lui a donné ce nom très savant de synaptogenèse, soit parce que ça fait plus sérieux, ou plus joli.

La synapse

Lorsqu’il y a un influx nerveux, il est  conduit, via l’axone, jusqu’aux terminaisons du neurone où se trouvent des milliers de petites expansions, les dendrites, sur lesquelles se trouvent les synapses. Ces dernières sont des espaces d’échanges entre deux neurones.

Par l’intermédiaire de ces milliers de connexions entre les neurones, les dendrites multiples d’un seul neurone sont autant de portes d’entrées,

 huahine2008-Flickr

permettant de recevoir de nombreuses informations sous forme d’influx nerveux provenant des cellules voisines.

Il existe de 1 à plus de 100 000 synapses par neurone (en moyenne, il y en a environ 10 000 ! ). Vous vous rendez compte de ce que ça représente dans un monde aussi microscopique ?

Bien qu’elles commencent déjà à apparaître par-ci par-là entre la 6ème et la 8ème semaine de gestation, le nombre de synapses va littéralement exploser à partir de la 20ème semaine et maintenir ce rythme effréné jusque vers l’âge de 5-7 ans.

La synaptogenèse ralentit ensuite son rythme, pour diminuer fortement après l’adolescence. On l’observe, par exemple, avec l’apprentissage des langues qui est très facile dans les premières années de l’enfance, puis de  plus en plus difficile au fur et à mesure que l’on vieillit.

Mais elle se maintiendra cependant active pendant toute la vie, ce qui explique entre autre, que le phénomène de la neuroplasticité continue de remodeler notre cerveau de jour en jour et d’heure en heure. Par exemple, votre cerveau vient de créer ou de renforcer certaines de vos synapses entre le début de la lecture de cet article et juste maintenant. Pendant ces 2 minutes, se sont donc passé des phénomènes de neuroplasticité et v0tre cerveau est différent d’avant.

Les neurones, via leurs synapses, se parlent en échangeant des produits chimiques qu’on appelle les neurotransmetteurs.

Tout cela est décrit en détails dans mon livre

Demain, je vous parlerai de l’axone. 

Voici le livre proposé :

Introduction aux réseaux neuronaux : De la synapse à la psyché 
de Armand Savioz (Auteur), Geneviève Leuba  (Auteur), PhilippeVallet  (Auteur), & 2 plus

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Le printemps de la vie : Les neurones

Le 4 mars

« En ce qui concerne la matière, nous avons eu tout faux. Ce que nous avons appelé la matière est en réalité une énergie dont la vibration a été ainsi réduite à être perceptible par les sens. Tous les êtres de matière vibrent à des taux spécifiques. La nature musicale de la matière nucléaire des atomes aux galaxies est maintenant enfin reconnue par la science. » Einstein

Les neurones

Hier, je vous parlais de la maturation du cerveau. Qu’est-ce que ça veut dire, au juste ?

Remettons-nous dans le contexte :

  • Lorsque nous venons au monde, notre cerveau ne pèse que 350 grammes. Il devra encore accumuler de la masse intelligente pour peser presque 1,5 kilo à l’âge adulte.

Il faut donc qu’il continue, voir qu’il amplifie ce qu’il a déjà appris à faire, in utero, par une incroyable magie de la vie, celle de fabriquer des neurones.

Servier Medical Art

-Des quoi ?

-Des neurones, les cellules spécialisées du cerveau qui se différentient totalement des autres cellules du corps.

En effet, pour la plupart, elles sont rondes et ressemblent à des œufs miniatures, avec leur membrane qui enveloppe une masse gélatineuse, dans laquelle se trouve une structure plus dense au milieu, le jaune d’oeuf, ou le noyau cellulaire.

La cellule nerveuse, elle, a cru bon de se distinguer et elle a eu bien raison : elle s’est déguisée en étoile filante :

  • ­Sa forme ronde s’est transformée, tel un oursin, en une petite boule recouverte de petites épines, les dendrites, qui sont autant d’expansions. Ceci lui permet d’en augmenter la surface et ainsi, de communiquer avec ses copines d’à côté. Son prénom est Neurone.

Mais ces petites étoiles ont un long prolongement qui peut s’étendre sur plus d’un mètre, pour certaines d’entre elles, c’est ce qui les fait ressembler à une étoile filante. Son deuxième prénom est Axone.

On peut aussi comparer les neurones à un arbre avec leur axone faisant office de tronc, avec ses divisons terminales figurant les racines, et à l’autre extrémité, leurs multiples dendrites (environ 7000 pour chacun) dessinant une arborescence de branches et de rameaux.

Déjà pendant la période foetale,  des milliards de neurones se produiront grâce à ce fabuleux processus qu’est la neurogenèse.

Matière grise

La matière grise représente l’ensemble des corps cellulaires des neurones. Les neurones sont essentiellement produits à partir de la 6ème jusqu’à la 18ème semaine in utero.

Avec sa cousine, la cellule cardiaque, ce sont les seules cellules du corps qui sont électriquement  excitables.

Émetteurs récepteurs

Telle une tour de contrôle, les neurones représentent un réseau de cellules spécialisées qui perçoivent les informations en provenance des milieux intérieurs et extérieurs du corps.

Via des récepteurs sensoriels ( disséminés dans les organes des sens), ils les décodent pour y apporter ensuite une réponse appropriée de l’organisme.

Les neurones sont spécialisés dans la communication de proximité avec d’autres cellules de même type. La perception des messages se fait via les récepteurs qui se trouvent à la surface de leurs membranes, qui leur permettent d’ intégrer, puis d’ interpréter ces messages. Par la suite, les neurones déclencheront une réaction adaptée de l’organisme en transmettant des informations aux effecteurs dont les principaux sont les muscles, les organes internes et les glandes.

Les neurones sont dotés de deux propriétés physiologiques électriques : l’excitabilité et la conductivité. Ils ont une troisième particularité qui est celle de produire des molécules chimiques de transmission que l’on appelle les neurotransmetteurs.

Les axones (prolongement) se dirigent du haut vers le bas du cerveau. Certains d’entre eux traversent le tronc cérébral ( cerveau reptilien). Après une synapse (connexion) dans la moelle épinière, les plus longs se prolongent jusque dans le pied ! Les axones font ainsi des neurones les cellules les plus longues du corps humain, puisque certains d’entre eux peuvent ainsi mesurer plus d’un mètre !

Marco Solo-Flickr.com

A l’instar des racines d’un arbre, l’axone se termine par plusieurs subdivisions terminales qui augmentent ainsi le nombre de lieux d’échanges avec d’autres neurones. Le signal électrique transmis par l’axone est constitué de potentiels d’action successifs. L’axone représente la partie émettrice du neurone au contraire des dendrites qui en sont la partie réceptrice.

Ces nombreuses petites expansions dendritiques ont pour fonction de recueillir des informations. Elles reçoivent des signaux électriques via d’autres cellules qui peuvent inhiber ou activer le neurone. L’influx nerveux est ensuite conduit via l’axone jusqu’aux terminaisons où se trouvent des milliers de synapses, lesquelles vont se charger de transmettre les informations chimiquement à d’autres cellules. Par l’intermédiaire de ces milliers de connexions entre les neurones, les dendrites multiples d’un seul neurone sont autant de portes d’entrées permettant de recevoir de nombreuses informations sous forme d’influx nerveux provenant des cellules voisines. Les seuils de ces portes sont les synapses. Il existe de 1 à plus de 100 000 synapses par neurone (en moyenne, il y en a environ 10 000 !). Les neurones sont les cellules championnes de la connectivité et de l’interdépendance.

Voilà tout ce qui commence déjà dans les premières semaines de la gestation et qui nécessitera 25 ans pour faire un cerveau adulte.

Tout cela expliqué en détails dans mon livre:

Je vous retrouve demain pour la synaptogenèse et la neuroplasticité.

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