Le printemps de la vie : Les sens complémentaires

Le 11 mars

La citation du jour :

 Il faut mettre de côté le temps unique,

seuls comptent les temps multiples, ceux de l’expérience.

André Bergson

Sens complémentaires

Dans l’article précédent, nous avons évoqué l’origine de nos 5 sens. Mais savez-vous que nous en avons plus ?

La somesthésie

La somesthésie est l’un d’entre eux. Elle désigne un ensemble de différentes sensations qui proviennent de plusieurs régions du corps comme la peau, les tendons, les articulations, les viscères.

Mais elle ne comprend pas les informations provenant des  5 sens, à savoir celles d’origines visuelles, auditives, gustatives et olfactives. La somesthésie est le premier système à être fonctionnel au cours de la vie fœtale.

Grâce à cette propriété que l’on nomme proprioception, nous savons toujours comment notre corps est positionné. Elle nous renseigne aussi sur tout ce qui touche à nos mouvements.

Down side up. Flickr.com

La stimulation du corps est un besoin fondamental. On peut vivre en étant privé des autres systèmes sensoriels.  Par contre, la privation des stimulations somesthésiques provoque des troubles psychologiques majeurs et irréversibles chez les gens qui en sont victimes. L’isolement est la pire de tortures infligées dans certains systèmes carcéraux.

Au contraire, la stimulation régulière du système somatosensoriel produit de nombreux effets positifs, tant sur les plans physiologiques, psychiques que comportementaux.

Contrairement à ce que l’on observe chez les bébés négligés, on assiste à un gain pondéral nettement supérieur chez les nourrissons bien stimulés sur le plan affectif et cognitif. Ils présentent également de meilleures performances dans l’orientation de leur corps et dans leurs activités motrices.

Suffisamment et positivement stimulés sur tous les plans, bébés et adultes confondus, bénéficient d’une meilleure capacité immunitaire ainsi que d’une diminution du taux des hormones du stress (cortisol et adrénaline) par rapport aux personnes moins chanceuses.

Chris Dluglosz-Flickr.com

Globalement, sous l’effet de stimulations somesthésiques en suffisance, ces individus présentent un faible niveau d’anxiété ou d’état dépressif, une bonne qualité de sommeil ainsi qu’un bon niveau attentionnel et cognitif. Finalement, ils ont une facilité pour l’attachement interpersonnel et les relations sociales.

Le sens de l’équilibre

Revenons donc à la richesse de nos sens, ceux qui nous permettent de ne pas être sens dessus dessous.

Pour être réglé finement, notre sens de l’équilibre nécessite la collaboration étroite du système vestibulaire de l’oreille et de celui de la vue.

Barbara DALMAZZO

Le système vestibulaire nous renseigne sur notre intérieur, alors que notre rétine, au fond de notre oeil, nous informe sur notre extérieur.

Lorsque les deux systèmes nous envoient des informations contradictoires, nous sommes alors pris de sensations vertigineuses.

Pour agir, il faut que deux conditions soient remplies de façon automatique :

  • Le maintien en équilibre malgré la gravitation et
  • Une vision claire malgré les mouvements de la tête.

Cela fait tout de même deux malgré ! ce qui nous permet de réaliser que c’est donc un miracle que nous nous sentions en équilibre alors que nous trouvons ça tout à fait normal !

Jordy B-Flickr.com

Magnifiquement réglé, le système vestibulaire de l’oreille assure, de façon réflexe, un mouvement de l’œil exactement opposé à celui de la tête.

L’équilibre est donc assuré par la coordination entre la partie vestibulaire de notre oreille interne et notre regard. Logés dans notre oreille interne, canaux semi-circulaires  ( un pour chaque dimension de l’espace), captent les signaux  quant à leurs positions dans l’espace et ceux-ci sont interprétés par le cerveau en comparaison avec la perception visuelle.

Wiktionary.org

Lorsque la tête change de position, les otolithes (micro cristaux ) sont entraînés par leur poids et continuent d’appuyer verticalement sur le sommet de cellules ciliées alors que la base des cils a changé de position, ce qui provoque une angulation de ces structures. Ce phénomène stimule les cellules sensorielles qui s’y trouvent et qui transmettent l’information au cerveau, traduisant ainsi le changement de position de l’organisme.

 Vetopsy

L’œil et les canaux semi-circulaires informent le cerveau sur la position de la tête et à quelle vitesse notre corps se déplace, accélère, ralentit.

Le vestibule est le voisin et colocataire de la cochlée active dans l’audition. L’oreille interne, leur habitation, à tous les deux, se développe déjà dès la 8ème semaine alors que l’embryon ne mesure encore qu’une vingtaine de millimètres.

Je vous laisse imaginer la magie de ces merveilles microscopiques !

Mais les conditions pour réaliser un bon équilibre nécessitent encore d’autres informations. Celles-ci sont apportées par notre appareil ostéomusculaire qui est équipé de micro capteurs internes situés dans les muscles et les articulations.

Tout en réalisant des mouvements, ce dernier nous renseigne en permanence sur la position de notre corps ainsi que sur la nature de notre  environnement.

Finalement, il y a également des capteurs externes qui sont situés d’une part dans la peau pour nous renseigner sur notre contact avec l’environnement, ainsi que ceux localisés dans la rétine, comme déjà mentionnés.

C’est incroyable toute cette coordination, n’est-ce pas ?

La notion du temps

Non seulement le temps est omniprésent et immatériel, mais encore les humains en ont une représentation différente selon l’endroit de la Terre où ils vivent. En Occident, on en a une vision linéaire que l’on exprime volontiers par le terme de « la ligne du temps ». On peut l’illustrer par les jours, les mois, les années qui défilent et qui se succèdent.

Au contraire, dans certaines cultures orientales comme en Inde, on en a une vision cyclique, où l’on observe des répétitions inlassables de séquences temporelles comme matin-soir, jour-nuit, été-hiver.

Flickr.com

C’est donc le cerveau de l’homme qui a conçu la notion de temps.

Alors que la perception de la vue, du toucher, de l’ouïe, de l’odorat, du goût met en jeu des récepteurs sensoriels spécialisés, il n’existe aucun récepteur spécifique du temps ! Notre cerveau est une véritable machine à traiter le temps.

Qu’on se le dise : Les petits enfants n’ont pas la notion du temps !

La capacité d’évaluer le temps est l’une des caractéristiques principales du lobe préfrontal. La représentation du temps est une notion totalement abstraite car qu’est-ce que hier, aujourd’hui ou demain, si ce n’est une magnifique élaboration de la pensée ? En effet, le seul instant qui existe vraiment, c’est le moment présent. Ce sont nos capacités de mémorisation qui nous permettent de revisiter le passé au travers de nos souvenirs.

Mais la performance maximale de notre cortex préfrontal est sa capacité à se projeter dans le futur.  Cette capacité d’anticipation est paradoxale car elle se base sur nos diverses connaissances acquises dans le passé. Cependant, il ne s’agira pas simplement de reproduire des mécanismes robotisés. Elle se doublera d’intelligence, c’est-à-dire, de la capacité de manier la logique qui est aussi l’une des propriétés spécifiques du cortex préfrontal.

Le sens du « temps qui passe » est notre sens le plus complexe, puisqu’il fait appel à des compétences que le bébé devra acquérir progressivement, dont la mémoire, le langage, l’intégration des expériences personnelles, la perception des rythmes autant dans son corps que dans son environnement.

Flickr.com

L’acquisition de la notion du temps nécessitera plusieurs étapes qui prendront des années.

L’avant, l’en-même temps et l’après sont des notions qui font appel à la mémoire. Mon petit garçon de 4 ans me disait : « Maman, aujourd’hui, c’est demain ? » Trop chou ! mon chéri.

Et dire qu’il aura fallu tout ce temps pour qu’à la fin, les physiciens quantiques nous disent que le temps n’existe pas, que le passé et le futur, c’est la même chose !

Hou là là ! j’ai les neurones qui chauffent!

Alors, pour mieux comprendre ce dilemme, disons que ce nous appelons le temps est en fait sa durée !

Tout cela est expliqué en détails dans mon livre

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