Hémisphères cérébraux et corps calleux

Blog pour les futurs parents

Le printemps de la vie

La citation du jour:

Une noix. Qu’y a-t-il à l’intérieur d’une noix? Qu’est-ce qu’on y voit? Quand elle est ouverte, on n’a pas le temps d’y voir, on la croque et puis bonsoir.

Charles Trenet

Hémisphères cérébraux et corps calleux

Petit rappel concernant notre cerveau phylogénétique
  • C’est quoi encore ça ?
  • C’est le résultat d’un processus génial !  Je vais tout vous expliquer. Mais laissez-moi d’abord vous faire un petit rappel de ce que je vous ai expliqué au tout début de ce blog, d’accord ?
  • OK, je vous écoute.

Nous avons déjà parlé de notre cerveau qui est constitué de trois structures cérébrales emboîtées l’une dans l’autre à l’image des boîtes gigognes.  On pourrait aussi le comparer à des poupées russes.

 Flickr.com

Son développement repasse avec une très grande rapidité par toutes les étapes phylogénétiques qui ont fait évoluer la vie, de la première cellule originelle de la nuit des temps jusqu’à l’être humain, tel qu’il est aujourd’hui et qui en compte des milliards de milliards.

Probablement que l’évolution du cerveau humain s’est faite en plusieurs phases, qui correspondent à l’apparition progressive des différentes espèces animales qui peuplent la terre. Là aussi, on compte en milliards, d’années cette fois !

Cette évolution se concrétise chez les humains par le développement de trois structures cérébrales surajoutées l’une à l’autre, au fil du temps. Cette architecture est comparable à des poupées russes emboîtées les unes dans les autres, à la seule différence que dans nos cerveaux d’Homo Sapiens, elles sont connectées les unes avec les autres !

1. La structure anatomique la plus ancienne de notre cerveau correspond au cerveau reptilien qui y est située le plus profondément. Il comprend le tronc cérébral et le cervelet. On l’appelle aussi le cerveau primitif, archaïque ou primaire.

Son origine remonte à l’époque où les poissons sortaient de l’eau pour devenir des batraciens, il y a environ 500 millions d’années.

2. Le système limbique, notre deuxième cerveau, s’est développé il y a 150 millions d’années avec l’apparition des premiers mammifères.

3. Le néocortex est le résultat de la troisième et dernière phase de l’évolution de notre cerveau. Il n’a que 3,6 millions d’années ( si peu ! par rapport à ce qui précède), date de l’apparition des Australopithèques africains, qui avaient la particularité d’être devenus bipèdes. C’est-à-dire, qu’ ils ont abandonné la marche à quatre pattes pour se mettre debout . Du coup, cela leur libérait les mains. Génial !

Le cerveau reptilien

Le cerveau reptilien est notre premier cerveau.

Sebastien Lauwens-Flickr.com

Il est responsable des comportements primitifs assurant nos besoins fondamentaux. Il assure la survie de l’individu et de l’espèce. Il régule

  • notre respiration
  • notre rythme cardiaque
  • notre tension artérielle
  • notre température
  • nos échanges de liquides et d’air

C’est lui aussi qui contrôle

  • notre alimentation
  • le sommeil
  • la reproduction

Ce cerveau primitif entraîne des comportements stéréotypés, préprogrammés. Une même situation, un même stimulus, entraînera toujours la même réponse. Cette réponse réflexe est immédiate.

Les comportements induits par le cerveau reptilien ne peuvent pas évoluer avec l’expérience, ni s’adapter à une situation. Chez l’homme, ce cerveau serait principalement responsable de certains comportements primaires comme

  • la peur
  • l’hostilité à l’égard de celui qui n’appartient pas au même groupe d’appartenance que soi
  • l’instinct de survie
  • la territorialité
  • le respect de la hiérarchie sociale
  • le besoin de vivre en groupe
  • la confiance dans un leader
Le système limbique

Le système limbique, lui, est le siège des émotions, les bonnes et les moins bonnes. Sur le plan anatomique, il entoure et enveloppe le cerveau reptilien comme un gant.

Le ressenti émotionnel est une spécificité des mammifères qui leur permet de materner leurs bébés et ainsi de les aider à développer de nombreuses compétences que ne possèdent pas les poissons, les amphibiens ni les oiseaux. Le système limbique comprend avant tout l’amygdale cérébrale, l’hippocampe, l’hypothalamus, le cortex cingulaire et le cortex préfrontal.

De ce fait, il apporte à ses propriétaires de nouvelles richesses, celles de ressentir une multitude d’émotions et la capacité de métaboliser et de stocker les souvenirs. Il aide à moduler les instincts primitifs provenant du cerveau reptilien, et de ce fait, il est impliqué dans les nouveaux apprentissages.

Le néocortex

Finalement, pour couronner tous ces acquis, la Nature nous a doté d’un produit de luxe : le néocortex. C’est lui qui fait notre spécificité humaine. Le néocortex forme une grande partie du volume de notre encéphale composée de matière grise. Il est représenté par les deux hémisphères, semblables à deux coquilles de noix

Untileld par La Belle Lumière Flickr.com

 qui sont reliés entre eux par un important câblage, le corps calleux qui en assure la connexion.

Lorsque les neurones sont soumis à des toxiques sur une longue durée, comme c’est le cas dans l’alcoolisme par exemple, on observe une atrophie corticale, parfois très importantes, entraînant d’importantes pertes cognitives pouvant amener à la démence. On la dénomme la démence de Korsakoff et est essentiellement due à une interférence de l’alcool avec l’absorption de vitamine B1, la thiamine.

Le corps calleux

Pour en revenir au corps calleux, chez le petit enfant, il est encore peu fonctionnel en raison de son immaturité, ce qui explique que l’enfant passe en un quart de seconde d’un hémisphère à l’autre, sans transition et sans adaptation. C’est toujours assez déconcertant pour l’adulte de voir un enfant très raisonnable ( hémisphère gauche) devenir instantanément ingérable ( hémisphère droit) et vice versa. Attention de ne pas interpréter cela comme si l’hémisphère droit n’était qu’un générateur d’émotions négatives. Le même processus se produit aussi avec des émotions positives, sauf que nous y sommes moins attentifs, car c’est moins démonstratif. Pour que les hémisphères soient bien coordonnés, il faudra encore attendre quelques années, jusqu’à l’âge de la raison qui commence autour de sept ans.

La connexion entre les deux hémisphères est donc fondamentale dans la mesure où ils ont des fonctions cognitives et psychologiques bien différentes, le gauche étant plus rationnel et le droit, plus émotionnel. Par ses fibres connectives, le corps calleux permet d’adapter des ressentis ou des réponses réflectives en prenant en compte les fonctionnements différents, mais complémentaires, des deux hémisphères.

Les deux hémisphères

Les deux hémisphères ne se développent pas de manière synchrone. Pendant les dix-huit premiers mois, la nature donnera sa préférence à l’expansion de l’hémisphère droit. En effet, cet hémisphère est plus particulièrement dévolu aux capacités sensorielles et émotionnelles dont découlera notamment le bon établissement des relations sociales.

Puis, autour de la deuxième année, cette faramineuse poussée de croissance neuronale sera ensuite reprise par l’hémisphère gauche. C’est précisément au moment où, tel un véritable feu d’artifice, le langage explose littéralement.

 Pierre ESTEFFE-Flickr.com

Un développement neuronal et synaptique exponentiel

Grâce à l’augmentation du nombre de ses neurones, de ses synpases et à la myélinisation, en peu de mois, le vocabulaire du petit enfant augmentera de façon exponentielle, passant de 10-20 mots à l’âge de 18 mois à environ 200 mots à deux ans, puis 750 à trois ans.

En plus, quand les adultes mettent des mots sur les ressentis des enfants (ce qu’Isabelle Filliozat nomme la grammaire des émotions), ils les aident à créer de nombreuses connections synaptiques à l’intérieur du même hémisphère, mais aussi à mieux connecter leurs deux demi-coquilles cérébrales, en augmentant le volume du corps calleux qui les relie.

Le néocortex ( la matière grise qui rassemble tous les corps cellulaires des neurones, comme nous l’avons déjà vu ) nous apporte l’accès aux fonctions cognitives que nous appelons aussi les fonctions supérieures. Elles comprennent

  • la conscience
  • le langage
  • la réflexion
  • le raisonnement
  • la créativité
  • l’imagination
  • la notion de l’espace-temps
  • la planification
  • la résolution de problèmes
  • les capacités d’apprentissage et de mémorisation
  • les perceptions sensorielles
  • l’empathie.

Que du bonheur toutes ces options !

Tout cela est décrit en détail dans mon livre

Pour en savoir plus

http://www.enfant-encyclopedie.com/cerveau/selon-experts/limagerie-du-cerveau-au-cours-de-sa-croissance

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