La paternalité (article no 2)

La Paternalié (article no 2)

Nous avons vu, dans l’article précédent, qu’au contraire de la paternité qui est un état de fait, la paternalité est un processus qui s’enclenche ou non chez les hommes devenus pères.

Et dans l’article sur la maternalité, nous avons parlé de l’état de « transparence psychique » qui survient chez les futures mères. Cela les replonge dans leur propre histoire et leur relation avec leur mère lorsqu’elles étaient petites, qu’elles le veuillent ou non. C’est le changement de statut qui les fait passer de « fille de… » à « mère… » et qui impose ce nouvel état de transparence.

La transparence psychique du père

Le père, lui aussi, vit une gestation psychique au travers de ce processus de paternalisation. Un enfant naît dans sa tête et s’y développe : c’est un enfant imaginaire. C’est normal !

Les super parents


Si cette gestation développe une maturation psychique chez un homme déjà devenu adulte auparavant, ce dernier sera alors en mesure de s’adapter à l’enfant réel.

Mais qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit :

  • Il y a, bien sûr, des hommes qui deviendront matures sans avoir jamais connu la paternité !

Malheureusement, il y a de nombreux hommes qui ne tiennent pas le choc au moment de l’annonce de la grossesse, parce qu’ils sont trop immatures pour toutes sortes d’autres raisons. Etre ou devenir père est alors aussi abstrait pour eux que pour un enfant de 10 ans, à qui l’on annoncerait sa prochaine paternité.

Chez certains, cela leur fait tellement peur, qu’ils appuieront immédiatement sur la touche « delete ». Ces hommes-là n’évolueront pas vers la paternalité.

D’ailleurs, indépendamment de la confrontation à la paternité, beaucoup d’hommes restent cet enfant qui a été brisé dans sa coquille, la plupart du temps, en raison de maltraitances ou de graves traumatismes subis dans son enfance, au cours de son développement.

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 Ils sont restés immatures parce que leur lobe préfrontal en a été empêché de se développer.

Ces hommes-là, en situation de pères en devenir, n’en auront qu’une notion intellectuelle, mais ils ne la ressentiront pas. Ils seront donc uniquement des géniteurs.

Des géniteurs à la place de papas

Ainsi, face à eux, ce sera compliqué pour leurs enfants de faire la différence entre un père et un géniteur, car ils auront tout le temps des attentes normales déçues. Leurs attentes d’avoir un papa aimant et protecteur sont tout à fait normales, mais ces pères immatures ne sont pas en mesure de répondre aux besoins de leurs enfants. Ces « pères manqués »( selon l’expression de Guy Corneau),  manqueront de cette bienveillance indispensable. Pire, ils seront même indifférents ou agressifs.

Dans la mesure où ces hommes ne se sentent pas pères, ce seront eux qui par la suite, ne payeront pas la pension pour nourrir leurs enfants. C’est aussi parmi eux que se retrouvent ceux qui battent leurs enfants ou les abusent sexuellement.

Dans certains cas pervers, ils utiliseront même leurs enfants comme objets de pression sur la mère.

Par contre, lorsqu’un vrai sentiment de paternalité existe, même s’ils se trouvent dans le pire des conflits avec la mère, ces hommes ne pourraient jamais en arriver jusqu’à ne pas subvenir aux besoins de leurs petits cœurs adorés, ni de les maltraiter.

Comprendre et objectiver la situation sans juger

Les futurs pères, qui n’ont pas eu d’échanges affectifs avec leur propre père, soit parce qu’il était parti ou qu’il n’existait pas, ou parce qu’il appartenait au groupe de ceux qui ne laissent jamais transparaître leurs émotions, ces futurs pères n’auront pas d’image intérieure de ce que c’est que d’être un père. S’ils choisissent néanmoins d’assumer leur nouveau rôle, il devront alors tout improviser!

Et ce n’est pas toujours gagné d’avance. Ces hommes ont vraiment besoin d’aide.

S’ils ne se sentent pas prêts à consulter un psychothérapeute, ils peuvent néanmoins bénéficier de soutiens organisés par l’école des parents, ou participer à des groupes de paroles ou encore, se confier à d’autres pères sur des forums.

Il est vrai, aussi, que certaines femmes ne rendent pas toujours les choses faciles aux pères. Selon leur propre histoire, elles risquent de les évincer ou de ne pas leur faire confiance. C’est surtout le cas juste après la naissance, au moment où la relation fusionnelle, la dyade, se met en place entre elles et leur bébé.

Si les parents ont été très dominants et que leur fils leur est soumis, le futur père se trouvera  face à un conflit de loyauté très inconscient, mais néanmoins à l’œuvre :

  • celui de prendre leur place de parents tout puissants et de les reléguer dans la position de grands-parents, chez les « vieux », là où ils ont beaucoup moins de pouvoir.

Bon nombre d’hommes, confrontés à la nouvelle grossesse de leur partenaire, vont développer diverses somatisations pendant cette période. Il est à noter que les pères ne rattachent pratiquement jamais ces symptômes à la grossesse de leur compagne. Ces troubles psychosomatiques mineurs, dont certains semblent néanmoins mimer les symptômes de la grossesse, sont considérés comme un équivalent de la couvade rituelle dans nos sociétés où ces coutumes ont disparu.

Dans l’article suivant ( paternalité no 3), nous réfléchirons ensemble à un problème peu exprimé, celui d’assister, oui ou non, à l’accouchement.

 

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Cet article est un extrait de mon livre

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