Les familles monoparentales no 4

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Les familles monoparentales no 4

Le droit de visite du parent non-gardien

Si l’on perd son conjoint, les enfants n’en perdent pas pour autant leurs parents. Peu importe la profondeur de notre douleur ou de notre colère, maintenir la meilleure entente possible entre leurs deux parents est très important pour les enfants.

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La plupart des études faites sur le sujet montrent que les parents gardiens sont favorables au maintien de liens entre les enfants et le parent non gardien.

Malgré ce qui se dit, la majorité des femmes n’empêchent pas le père de voir ses enfants, même lorsqu’il y a eu des antécédents de violence familiale.

Mais, lorsqu’elles craignent que des actes de violence soient commis, plutôt que d’interdire les visites, elles veulent qu’on leur offre des mesures de sécurité, comme la surveillance des visites. C’est tout à leur honneur.

Les chercheurs et les cliniciens ont constaté que les pères avaient tendance à s’éloigner progressivement de leurs enfants. Ceci a déjà été traité dans l’article précédent du 15 janvier 2018.

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Ce phénomène constitue une préoccupation pour la société, parce que l’appui économique, apporté par le parent non-gardien, est directement relié au développement harmonieux des enfants. En maintenant des liens forts entre les enfants et les pères, on limite très probablement les situations où les pères arrêtent de payer la pension alimentaire.

Le maintien de relations avec leurs deux parents est souhaitable pour leur bon équilibre psychique, mais pas toujours, cependant. En effet, lorsque le parent incriminé est particulièrement violent, pervers ou abuseur sexuel, le maintien de relations avec son enfant demande à être très sérieusement étudié.

Les retours difficiles

Il est très fréquent que lorsqu’un enfant revient de sa visite chez son autre parent, il soit agressif ou pleurnicheur pendant quelques heures. On a l’impression qu’il ne nous aime plus et qu’il préfère l’autre parent. C’est d’ailleurs quelque chose que l’enfant peut formuler ainsi et qui évidemment fait très mal sur le moment ! Mais ce sentiment ne dure pas. Il est dû au conflit de loyauté et au côté influençable de l’enfant.

Le conflit de loyauté

Pour éviter de le culpabiliser de ce comportement, il faut comprendre ce qui se passe au fond de lui. Il est partagé car il aime ses deux parents. Et comme ces derniers ne semblent plus s’aimer, cela le met dans un conflit de loyauté face à chaque parent.

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Il a l’impression que s’il se réjouit de revoir sa maman, cela va blesser son papa et vice versa. S’il est gentil avec maman, il a l’impression de trahir papa et s’il est gentil avec papa, il a l’impression d’être méchant avec maman. C’est donc une situation impossible qui pèse sur ses petites épaules et qui le stresse beaucoup.

Or, son lobe frontal encore immature n’est pas en mesure de mettre de l’ordre dans ses idées, ni de gérer ce stress. Le jeune enfant s’exprime donc par des crises. En plus, il peut être fortement influencé par un parent qui dénigre l’autre. Et comme l’enfant apprend par imitation, il va penser et dire la même chose que ce qu’il vient d’entendre. L’enfant n’est pas responsable de ce conflit de loyauté dont il n’a pas conscience. Il en est plutôt la victime.

Le parent idéalisé

Il peut être soumis à un autre problème s’il ne voit l’un de ses parents que rarement. Celui-ci n’aura donc pas le rôle éducatif et n’offrira ainsi à l’enfant que des beaux moments. Parfois, il « achètera » l’amour de l’enfant en le couvrant de cadeaux. Ainsi, l’enfant va l’idéaliser.

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Et lorsqu’il se retrouvera avec le parent éducateur, qui n’offre pas des cadeaux tous les jours, et qui doit mettre des limites, l’enfant risque alors de préférer celui qu’il voit rarement. C’est une situation perverse.

Notre psychisme est ainsi fait que plus une personne, d’autant plus un parent, est distant et inaccessible, plus il est idéalisé. La situation la plus extrême se retrouve dans les cas d’enfants adoptés après avoir été abandonnés. La réalité de l’abandon s’efface devant le besoin de mettre ce parent sur un piédestal.

Il y a un abîme entre un parent idéal et un parent idéalisé. C’est aussi antinomique que les deux faces d’une même pièce de monnaie.

Pour mieux gérer les retours

Voici quelques astuces pour désamorcer la bombe souvent inévitable.

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Lorsque l’enfant rentre de sa visite, c’est important de

  • savoir qu’il lui faut un temps d’adaptation pour passer d’une maison à l’autre
  • lui souhaiter la bienvenue
  • lui laisser le temps de venir vers nous
  • s’il devient agressif dans ses propos, lui poser des questions conciliantes pour mieux le comprendre
  • ne pas le culpabiliser de son comportement
  • placer l’enfant hors du conflit
  • ne pas le laisser nous insulter
  • ne pas dénigrer son autre parent, mais plutôt critiquer ses actions si on les juge inadéquates
  • à un autre moment, lui expliquer les motifs de la rupture
  • s’il y a un malaise, lui proposer un jeu
  • lui lire des livres sur le sujet
Offrir un cadre bienveillant

L’autre condition gagnante est de lui offrir la constance et le maintien des routines :

– Établir des règles de vie régulières et une bonne discipline sécurise les enfants, que ce soit à propos des horaires

  • des repas
  • des devoirs
  • du bain
  • des heures d’accès à l’ordinateur ou à la télévision.

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Ce cadre peut sembler un peu psychorigide, mais il n’en est rien. A l’instar des parois d’un aquarium, il est indispensable à maintenir l’eau qui, sinon, s’écoulerait dans tous les sens.

Parler du parent absent

Si un parent disparaît sans laisser de traces, il faut impérativement en parler avec l’enfant. Même s’il n’aborde pas lui-même la question, il est néanmoins en grande souffrance, car il s’agit d’un abandon. Ce n’est pas parce qu’il ne dit mot qu’il n’a rien remarqué ou qu’il s’en fiche ! Bien au contraire. S’il n’en parle pas, c’est qu’il ne sait pas que dire. Il est démuni !

Il est important de lui montrer des photos, de noter les ressemblances avec lui. Même si on en est venu à détester cette personne, surtout s’il a abandonné son enfant, il faut le réhabiliter en tant que parent pour son enfant. Ceci est nécessaire pour que celui-ci puisse se forger une identité et qu’il reste en contact avec les ressources que lui apportent ses racines.

Comme le dit un proverbe juif: « le parent peut faire deux cadeaux à son enfant: des racines et des ailes « .

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Il est important de lui parler de sa conception. On pourra lui dire : « Tu as un père de naissance, un homme qui m’a permis d’être ta maman. Il faut un homme et une femme pour avoir un enfant. Toi, tu ne le connais pas ( ou peu), parce que nous ne vivons plus ensemble, comme des amoureux. Pour des raisons que je ne connais pas, il ne vient pas te voir. Quand tu seras grand, tu décideras si tu veux savoir pourquoi et ce que tu souhaites faire. »

Par rapport aux conflits et à la raison de la séparation, c’est important de toujours lui dire la vérité, car inconsciemment, il la connaît. Comme le disait Françoise Dolto: « dans les familles, les enfants et les chiens savent tout ».

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Il est donc important de mettre des mots sur des maux, sans blâmer son géniteur (ou sa génitrice). La situation doit lui être expliquée en tant que conflit entre adultes, afin qu’il ne se sente pas coupable.

A la question de savoir si un seul parent peut exercer à la fois le rôle du père et celui de la mère, Patricia Rossi, psychologue et auteur de « la monoparentalité précaire et femme sujet » répond :

« De manière générale, on ne peut pas être ce que l’on n’est pas. Lorsque la mère veut jouer le rôle du père, elle ne fait qu’affirmer son autorité, mais ne sera jamais vraiment le père. Il est nécessaire que l’enfant soit confronté à un autre adulte, parce qu’une relation uniquement composée d’un parent isolé et de l’enfant n’est pas forcément très bonne ».

Comme un conjoint ?

Que la famille monoparentale soit conduite par un papa ou par une maman, vivre seul avec un enfant, c’est aussi être confronté au réflexe, bien involontaire, de le hisser au rang de conjoint.

Si pendant longtemps l’enfant est le seul interlocuteur du parent, la tentation sera forte pour ce dernier, de partager des choses avec son enfant, que normalement il ne dirait qu’à un conjoint.

Cette situation propulse la progéniture, dès son jeune âge, dans un monde d’adultes. Pour éviter ce piège, le mieux est d’en être averti.

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Voilà, c’est fait !

Et si l’on a déjà commis l’erreur dans le passé, il faut reprendre tout ça avec l’enfant, et lui dire que ces partages étaient une erreur. On peut rajouter : « Je te prie de m’excuser ». Ensuite, il faut veiller à ne pas recommencer!

Il est important que l’enfant puisse vivre son enfance en toute insouciance et innocence, à l’instar de ce qu’il est dans son essence.

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