Les grossesses multiples no 3 : les jumeaux dizygotes

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Le frère qui est aidé par son frère est comme une ville forte.

Salomon

Pour en revenir à la biologie des jumeaux

Depuis la nuit des temps, l’histoire regorge donc de mythes sur les jumeaux. (Voir mon article précédent). Aujourd’hui encore, la gémellité est source de multiples interrogations :

  • Les jumeaux sont-ils le fruit du hasard ?
  • Pourquoi y-a-t-il des familles à jumeaux ?

Les grossesses gémellaires sont relativement fréquentes. Dans le passé, elles représentaient environ un accouchement sur cent, soit 10% de tous les accouchements.

Mais depuis les années 1990, ce taux est rapidement monté aux alentours de 15% en raison de la Procréation Médicalement Assistée (PMA).

  • Est-ce que dans ces cas de gémellité artificiellement induite, le lien spécial entre jumeaux sera aussi fort que celui qui lie définitivement les gémellités spontanées ?

Des zygotes, des zygotes…

Avant de les détailler ( monozygotes, dizygotes), prenons le temps d’en donner la définition :

  • Un zygote est une cellule (oeuf fécondé aussi appelé ovule) résultant de la fusion d’une cellule femelle (ovocyte) et d’une autre, mâle (spermatozoïde). Le zygote est un état unique et très fugace, d’à peine quelques heures. C’est un ovocyte devenu ovule suite à la fécondation.

Futura-Sciences

Mais dès que cette cellule commencera ses divisions, elle deviendra déjà embryon, même au stade de morula ( Voir mon article du 23 février 2018)

Petite précision: dans la littérature, il y a une importante confusion entre l’ovocyte et l’ovule, termes qui  sont utilisés pour décrire la même cellule. En réalité, il s’agit bien de la même, mais vue à un stade différent. En effet, l’ovocyte ne possède encore que la moitié des gènes d’origine maternelle  ( stade appelé haploïde) alors que l’ovule comprend maintenant aussi la paire paternelle ( diploïde). En résumé, l’ovocyte fécondé devient ainsi un ovule.

Beaucoup de jumeaux sont des bébés dizygotes, c’est à-dire, issus chacun d’un zygote (ovule fécondé) différent ( le préfixe di signifiant deux). Ce sont donc des faux jumeaux ( le terme décrit uniquement un processus biologique et n’a aucun jugement de valeur !). C’est ainsi qu’ils peuvent être de sexe différent.

Magicmaman.com

Les vrais jumeaux, quant à eux, sont issus d’un même ovule fécondé, mais qui, pour une raison indéterminée, s’est scindé en deux de manière spontanée et parfaite, avec tout l’équipement génétique à l’identique, avant de commencer les nouvelles divisions embryonnaires traditionnelles.

Ces jumeaux-là sont donc des miracles, des répliques exactes l’un de l’autre, le résultat d’une magie incompréhensible à si petite échelle, mais tellement merveilleuse. Il sont dénommés monozygotes (mono=un) et ne peuvent donc n’être que du même sexe.

En résumé: dizygotes, monozygotes, quelle est la différence ? Elle est fondamentale : les bébés dizygotes proviennent de deux ovules différents alors que les monozygotes sont le résultat d’une division supplémentaire d’un même œuf fécondé.

Les jumeaux dizygotes

Dans le cas des jumeaux dizygotes, deux ovules séparés ont donc été libérés par les ovaires. Ils ont été fécondés par deux spermatozoïdes indépendamment l’un de l’autre, et se sont implantés séparément dans la paroi de l’utérus. Ils représentent en eux-mêmes une situation exceptionnelle, car normalement, un seul ovule arrive à maturité lors de l’ovulation.

Dans certaines familles, les naissances de faux jumeaux sont plus fréquentes que prévu. On pense qu’il y aurait une prédisposition héréditaire à produire une poly-ovulation. Lorsqu’elle survient, cette caractéristique est transmise de mère en fille. Dans des cas exceptionnels, des jumeaux dizygotes peuvent aussi provenir d’un seul ovule qui se divise juste avant le moment de la conception. Chaque moitié est ensuite fécondée par un spermatozoïde différent.

A partir de 35 ans, l’âge de la mère est également un facteur de grossesse multiple. En effet, l’hormone FSH a tendance à augmenter, accroissant ainsi le nombre d’ovules fécondables, comme si la Nature voulait saisir sa dernière chance de perpétuer la race.

Un changement de société

Le nombre de grossesses gémellaires et multiples a beaucoup augmenté ces trois dernières décennies. En France, on estime qu’une paire de jumeaux sur trois est le résultat d’un traitement de la stérilité.

Futura-Sciences

En effet, la stimulation ovarienne obtenue par l’injection d’hormones à la future maman, induit les ovaires à produire plusieurs ovules mâtures pendant le même cycle.

Ensuite, pour effectuer une fécondation in vitro, on les prélève par aspiration, par l’intermédiaire d’une canule introduite au niveau des ovaires. La fécondation des ovules recueillis est effectuée artificiellement, dans une éprouvette, mis en contact avec du sperme provenant soit du futur père, soit d’un donneur anonyme.

Puis, les ovules fécondés, donc devenus des zygotes, seront injectés dans l’utérus où ils s’implanteront. Comme ces zygotes sont relativement fragiles, ils ne sont pas tous viables. C’est la raison pour laquelle les médecins ont pris l’habitude d’en implanter plusieurs en même temps, les autres étant congelés.

Endocell

Cependant, par cette méthode, les gynécologues prennent aussi le risque d’induire des grossesses multiples, si tous les zygotes survivent. Jusqu’à ces dernières années, c’était un peu le tribut à payer pour avoir tout de même des enfants, en cas de stérilité.

Aujourd’hui, lorsque plus de deux embryons se développent, les médecins proposent aux parents une réduction embryonnaire, c’est-à-dire, un avortement des embryons surnuméraires.

En effet, les grossesses multiples sont à risques autant pour les mères que pour leurs futurs bébés. Elles compliquent aussi à l’extrême la vie de toute la famille après la naissance.

A la quantité de vie, il semble plus sage de préférer la qualité de vie de tout le monde.

Un choix difficile

Cette réduction embryonnaire pose néanmoins beaucoup de problèmes éthiques aux futurs parents. Il ne faut pas le sous-estimer !

  • Peut-on ainsi sacrifier un ou plusieurs de ses enfants potentiels ?
  • Lesquels seront tués et lesquels survivront ?

Il me semble que ce sont des questions qu’il faudrait se poser avant de se trouver en situation. La question de vie ou de mort, même sur un embryon, ne laisse pas les mères indemnes. C’est d’ailleurs la même chose pour tout avortement.

Et chose à laquelle on ne pense pas toujours: ce choix peut aussi affecter le papa ! J’ai moi-même eu à travailler, dans mon cabinet de psychosomatique, avec un homme qui ne pouvait plus envisager de donner la vie tellement le sentiment de culpabilité face à un avortement précédent était encore présent.

Cette histoire se termine avec un Happy End ! Après avoir pu se pardonner ce choix et ainsi lâcher son sentiment de culpabilité, il est devenu l’heureux papa d’un petit Andrea en sucre et en or ! Je ne vous dis pas le bonheur de la maman !

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Pour en revenir aux PMA

Comme les techniques deviennent de plus en plus performantes, les médecins implantent maintenant beaucoup moins d’embryons à la fois. Ils se limitent à 2 ou 3. Auparavant, ils en mettaient 5-6.

Il existe même maintenant une technique encore plus pointue où l’on injecte un seul spermatozoïde dans un seul ovule.

Cela s’appelle l’ICSI ( Intra Cytoplasmique Sperm Injection ).

Doctissimo

C’est de la haute voltige technologique où on mime vraiment la Nature avec une seule fécondation parfaite ! C’est magnifique.

Dans le prochain article, nous passerons en revue les différents modèles de vrais jumeaux avec lesquels la Nature s’amuse vraiment. Hou là là !

Cet article est tiré de mes deux livres

Accueillir mon bébé avec douceur et bonheur

https://www.corneliagauthier.com/fr/ouvrages/

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