Les grossesses multiples no 5: quand la grossesse est aussi un deuil

Blog pour futurs et nouveaux parents

Voici un sujet difficile à écrire et à lire sans doute, car c’est un sujet tabou: celui de la mort des enfants. 

Pourtant, un certain nombre de parents, de frères et de sœurs y sont confrontés et ont besoin de trouver des réponses et de l’aide. Cet article est donc écrit avec beaucoup d’amour pour toutes ces personnes endeuillées, en espérant qu’ils y trouveront des pistes d’apaisement. Le deuil est une étape indispensable à vivre pour pouvoir ensuite continuer sa route en paix.

Ici, nous ne parlons que des morts in utero et ceux survenus à la naissance. C’est ce que l’on nomme la période périmortem. Mais la mort d’enfants déjà nés sera aussi traitée plus tard.

Si vous connaissez des personnes concernées, pensez à leur faire suivre ces informations. Vous aurez ainsi un magnifique rôle de transmission qui pourra peut-être changer leur vie !

Citation:

Ne mettez pas d’obstacle au mouvement de la douleur. Laissez-la mûrir.

Krishnamurti

Quand la grossesse gémellaire( ou multiple) est aussi un deuil

Il arrive rarement que l’un des jumeaux meure in utero alors que l’autre continue de vivre. Cette situation a déjà été abordée dans l’article du 28 octobre en ce qui concerne le deuil de l’enfant survivant. Plus rarement encore, il arrive que l’un des deux décède au moment même de la naissance.

Le dilemme des parents

Ces situations dramatiques seront aussi extrêmement difficiles à vivre pour les parents.

  • Comment être joyeux alors que l’on est en deuil ?
  • Comment être en deuil alors que l’on vient d’accoucher d’un enfant qui va bien ?
  • Comment ne pas surinvestir l’enfant vivant ?
  • Comment ne pas en faire un enfant de remplacement ?

Dreamstime

Lorsque pareille situation se présente, il faut impérativement que  les familles et les soignants ne banalisent pas la situation, en pensant que du moment que l’un des deux est vivant et en bonne santé, les parents vont oublier celui qui est mort.

C’est impossible car il a déjà été émotionnellement investi pendant la grossesse !

Il est très important que le personnel soignant propose aux parents d’organiser une vraie cérémonie de sépulture pour le bébé mort,

car les parents totalement chamboulés n’y penseront pas nécessairement. Et ensuite, ce sera trop tard.

Il faut aussi proposer à ces parents endeuillés un suivi psychologique pour les mois qui suivent,  pour les aider à apaiser les inévitables douleurs du manque et pour mettre de l’ordre dans la confusion des sentiments qu’une si grande douleur a obligatoirement déclenchée.

C’est important qu’ils puissent « métaboliser » ce deuil pour être suffisamment présents pour l’enfant survivant qui a besoin de tout leur amour et de toute leur attention.

                                     Doctissimo

« Perdre un jumeau pendant la grossesse ne transforme pas une grossesse multiple en grossesse unique, ce qui n’est pas toujours reconnu par l’entourage » nous dit la psychologue Stéphanie Staraci.

Voici quelques liens aidants:

http://deuil.comemo.org/deuil-perinatal-tout-petit

http://deuil.comemo.org/poemes-citations-texte-deuil-mort

https://www.planetesante.ch/Magazine/Psycho-et-cerveau/Deuil/Accompagner-les-parents-dans-le-deuil-perinatal

http://www.psychologies.com/Moi/Epreuves/Deuil/Articles-et-Dossiers/Deuil-perinatal-la-perte-du-bebe-qu-on-attendait

L’enfant survivant

Comme déjà dit dans l’article précédent du 28 octobre 2018, dans la mesure où les liens entre jumeaux  sont tellement  forts qu’ils sont indéfectibles , il faudra comprendre que le jumeau survivant est aussi en deuil profond, même s’il n’est qu’un bébé. De même, si ce deuil n’est pas intégré dans le psychisme de l’enfant survivant, il risque de le porter inconsciemment toute sa vie.

Au contraire, un deuil accompli permettra à l’enfant survivant de garder un souvenir paisible de son jumeau au fond de lui, comme dans le bouleversant témoignage ci-dessous:

https://www.20min.ch/ro/news/faits_divers/story/-Il-voulait-raconter-son-1er-jour-d-ecole-a-son-frere–13222530

Selon le conseil de Françoise Dolto qui nous expliquait qu’il ne faut pas constituer de secret ou de tabou autour du berceau, il sera important d’en parler au bébé tout de suite.

https://www.amazon.fr/Tout-est-langage-Fran%C3%A7oise-Dolto/dp/2070424723/ref=sr_1_3?s=books&ie=UTF8&qid=1541527000&sr=1-3&keywords=fran%C3%A7oise+dolto

On lui dira par exemple :

« C’est très très triste pour toi et pour nous, que ton petit frère/ ta petite sœur soit mort/e. Tu vois, il/elle n’a pas eu la force de continuer à vivre. Même si maintenant tu vas continuer tout seul ce chemin de vie, il/elle sera toujours dans ton cœur. Nous t’en parlerons souvent et toi aussi, tu pourras nous en parler quand tu auras envie. »

Bien sûr, le nouveau-né, puis le nourrisson, ne comprendra pas nos paroles avec son cerveau mental puisqu’il ne connaît pas encore la signification des mots, mais il comprendra la nature du message avec son inconscient ou avec son âme.

C’est important de donner un prénom au bébé défunt pour en parler ensuite à l’enfant vivant.

Le deuil des parents

Pour en revenir aux parents, le deuil les fait passer par plusieurs étapes psychologiques.

HRImag

Certains d’entre eux auront besoin de se faire aider par un psychothérapeute ou un professionnel  spécialisé dans l’accompagnement des personnes endeuillées.  Il n’y a pas de honte à consulter.

Voici les principales phases que traversent les parents endeuillés et qui sont tirées du site Deuil Périnatal:

http://www.deuilperinatal.ch/vecu-du-deuil/

  • Le choc initial :  vous êtes accablé au moment de l’annonce de cette terrible nouvelle et vous ne pouvez pas admettre cette réalité.
  • La protestation :  la personne cherche un coupable, se blâme et blâme autrui. Elle ressent fortement le doute, la frustration, la colère, la méfiance et l’isolement.
  • La désorganisation :  la personne prend conscience du caractère définitif de la perte, même si elle ne peut l’accepter. Les sentiments qui prédominent alors sont la peur, la douleur, le désespoir. Elle s’isole souvent à ce moment-là.
  • La réorganisation : c’est la résignation ou la tentative de donner un sens à la perte qui domine. La personne recherche du soutien. Les sentiments de douleur et d’anxiété persistent, mais diminuent en intensité et en fréquence.
  • L’adaptation :  après quelques temps, la détresse s’estompe graduellement et une certaine stabilité est retrouvée. La vie et la reprise de confiance reprend, mais la douleur n’est pas effacée, ni oubliée.
  • Culpabilité :  La culpabilité est toujours une immense douleur qui peut-être en lien avec le sentiment d’avoir commis une faute réelle, mais le plus souvent, il s’agit d’une faute imaginaire responsable de la mort. Derrière la culpabilité, se cache l’impuissance de ne pas avoir pu empêcher la mort de leur enfant et de ce fait, les parents se considèrent comme responsables. C’est une composante incontournable du processus du deuil. Il est important de chercher à la comprendre et de l’alléger, tout en respectant le rythme de chacune.
Consultation d’un médium

Il y a aussi la possibilité de consulter un/e médium sérieux. De nombreux témoignages confirment que ce genre de démarche est très aidant.

Evidemment, il faut impérativement très bien se documenter sur la personne que l’on souhaite consulter, et si possible, suivre les recommandations de personnes qui l’ont déjà consultée et qui peuvent garantir son sérieux.

Il faut savoir, qu’à part une sensibilité particulière des médiums au monde de l’invisible,  la médiumnité  s’apprend et se perfectionne dans des écoles très sérieuses comme

le Arthur Finlay College :

https://www.arthurfindlaycollege.org/

Une formation dans pareille école ( il en existe bien d’autres)  est un gage de sérieux.

Tout en vous ouvrant cette porte sur la communication avec les défunts, je m’empresse de vous dire qu’il s’agit d’un domaine que j’ai particulièrement étudié ( mais je ne le pratique pas). Ce domaine de l’invisible pour nos yeux et impalpable pour nos cinq sens,  est maintenant de plus en plus connu et reconnu par les scientifiques.

Iquilibrio

Mais j’aimerais avant tout insister sur le fait que beaucoup de charlatans pullulent dans ce domaine et qu’il faut donc mûrement choisir l’intervenant si on souhaite s’engager dans cette démarche.

En général, il est préférable d’attendre au moins 6 mois après le décès avant de faire ce genre de consultation, sinon, cela équivaudrait à tenter de fuir les étapes du deuil en créant une sorte de déni de la mort.

Il faut laisser du temps au temps

Le deuil nécessite du temps que l’on ne peut pas raccourcir, parce que, comme le dit la sagesse populaire,

« il faut laisser couler l’eau sous les ponts ».

Par contre, il existe des cas où le deuil peut ne jamais se terminer et devenir alors ce que l’on dénomme un deuil pathologique. Ceci survient lorsque la douleur se fige. C’est dans ces cas-là qu’il faut vraiment consulter.

Apaiser la douleur ne revient pas à oublier le disparu. Jamais ! C’est plutôt de continuer à vivre avec lui dans la joie.

Pour terminer, j’aimerais vous présenter le Dr Christophe Fauré, médecin psychiatre spécialisé dans l’accompagnement des endeuillés:

https://www.youtube.com/watch?v=FWOciA-qG2Q

et voici le livre qu’il a écrit sur le sujet:

https://www.amazon.fr/Vivre-deuil-au-jour/dp/2226241574/ref=sr_1_2?s=books&ie=UTF8&qid=1541518165&sr=1-2&keywords=christophe+faur%C3%A9

Cet article de blog est tiré de mes deux livres

Accueillir mon bébé avec douceur et bonheur

https://www.corneliagauthier.com/fr/ouvrages/

Si vous avez été touchés par cet article, merci de le partager avec vos amis et de laisser un commentaire.

mains_serres

Retrouvez-moi sur mon site http://www.corneliagauthier.com

et inscrivez-vous à ma Newsletter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *