morula, nidation, décidualisation, tolérance immunitaire

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Le printemps de la vie

Morula,nidation, décidualisation, tolérance immunitaire

L’embryogenèse…allez… attention… partez…feu !

Dès lors, notre petit embryon est pris dans une course folle contre la montre. Ses cellules vont se multiplier de façon exponentielle, en doublant leur nombre à chaque fois selon le mode 2-4-16-32-64128- 256… ça  va à toute vitesse ! Ces divisions cellulaires sont placées sous le contrôle d’un grand nombre de gènes qui se trouvent dans ses chromosomes tout neufsLes gènes sont des séquences d’ADN.

La morula

Quant à l’œuf lui-même, au stade du 3ème  jour, il compte déjà 64 cellules et se présente sous la forme d’une petite boule compacte qui ressemble à une petite mûre, d’où son nom de morula.

 

SVT au collège, Flickr.com

Et voilà que notre petit fruit a déjà entrepris un long voyage qui durera six jours. Par quelle intelligence se dirigera-t-il depuis les trompes de Fallope où il a été conçu jusque vers l’utérus, ce muscle maternel qu’on dénomme aussi la matrice, pour s’y implanter ?

 

Nous avons vu dans un article précédent qu’il y est poussé par la force conjointe et concentrée des flagelles des spermatozoïdes environnants , créant un courant circulatoire pour l’ovule à l’intérieur de la trompe.

Flickr.com

Le péristaltisme tubaire

Mais comment se fait-il que l’œuf fécondé descende vers l’utérus et ne remonte pas vers les ovaires ? Comment se fait-il que ce courant se dirige vers le bas ?

C’est grâce au péristaltisme tubaire ( des trompes). Le péristaltisme décrit un mouvement. Il  fluctue au cours du cycle menstruel. Lors de la phase péri-ovulaire, les ondes péristaltiques provoquent des contractions des extrémités tubaires pour faciliter la rencontre entre l’ovocyte  et les spermatozoïdes dans un élargissement des trompes  nommé l’ampoule. Après cette phase, les ondes se dirigent exclusivement vers l’utérus.  Encore un miracle !

La membrane pellucide

Jusqu’à la fixation de l’ovuleembryon dans la paroi de l’utérus au sixième jour, le nouvel embryon sera toujours revêtu de la membrane pellucide, qui fonctionne comme une boîte postale. Elle reçoit et sélectionne les messages de son environnement : les substances qu’elle rencontre sont soit incorporées ou plutôt repoussées, en fonction de leurs propriétés biochimiques, selon qu’elles sont bénéfiques ou plutôt délétères pour le petit trésor qu’elle contient.

Pendant tout le temps de sa migration, l’embryon règle lui-même son développement, en synthétisant les facteurs de croissance, les hormones, les acides aminés, les hydrates de carbone et les protéines dont il a besoin. Une vraie petite usine.

Au bout du voyage, l’embryon se sera installé profondément et confortablement dans la paroi de l’utérus, qui est tapissée par une dentelle très douce, nommée l’endomètre, afin de pouvoir s’y développer en toute sécurité pendant les neufs mois à venir. Ce processus d’implantation s’appelle la nidation.

 

Jessica Genetel Flickr.com

Pour ce faire, l’enveloppe protectrice, la fameuse membrane pellucide, qui entoure cette petite sphère de cellules, va graduellement se dissoudre à cet endroit de contact, ce qui permettra la fixation de l’embryon dans la paroi de l’utérus maternel.  Quant aux autres cellules externes de l’enveloppe,  elles se se différencieront et contribueront au développement du placenta ainsi que les autres enveloppes de l’embryon.  Et ce sont les cellules internes qui formeront le futur embryon. Rien n’est perdu, tout est recyclé ! Voilà un bel exemple d’écologie interne.

Dialogue hormonal immunitaire maman-embryon

A partir du 6ème jour, la nidation met alors en jeu un véritable dialogue biochimique et cellulaire entre l’embryon et sa mère. Du côté maternel, la muqueuse utérine est rendue très réceptive à l’arrivée de l’embryon par les hormones ovariennes (les œstrogènes et la progestérone), ceci pour un temps limité ! qu’on appelle la fenêtre implantatoire, entre le 21ème et le 24ème jour du début du cycle, uniquement. Quelle haute précision, tout de même ! La sécrétion de ces hormones ovariennes ( maternelles ) est elle-même stimulée par une hormone embryonnaire ( bébé), l’HCG(Human Chorionic Gonadotrophin). En effet, l’embryon la sécrète déjà avant de s’être implanté. L’HCG est absorbée par le sang maternel qui, à son tour perfuse l’utérus. Ainsi, l’HCG agit sur l’organisme maternel et soutient l’activité hormonale maternelle, particulièrement pendant la durée de la fenêtre d’implantation. Quand je vous parlais d’un dialogue !

C’est l’importante augmentation de l’HCG dans le sang maternel qui permettra de positiver le test de grossesse. Mais c’est aussi elle qui est responsable des nausées du premier trimestre. On n’a rien sans rien !

Lorette Mouazan Flickr.com

Puis, dès son implantation, l’embryon synthétisera une substance qui induira d’importantes modifications dans le milieu maternel, décrites sous le nom de décidualisation. Elles lui permettront de s’y enfoncer, tout en empêchant le corps maternel de le rejeter. En effet, dans la mesure où l’embryon porte la moitié de son équipement génétique de son père, il représente pour sa mère, un corps étranger.

Mais l’embryon dispose d’un système immunologique tout à fait spécial qui empêche les cellules immunitaires maternelles de le reconnaître comme étranger et de le détruire. C’est génial ! Et fondamental, car sinon, aucun de nous n’existerait.

Certaines protéines protègent l’embryon contre une réponse immunitaire de rejet de la part du corps maternel. Ce phénomène tout à fait remarquable s’appelle la tolérance immunitaire.

Tout ceci est expliqué en détails dans mon livre

Pour en savoir plus:

http://cdbn.fr/file/frontend/2016/12/P2-UE9-JJH-Immunologie_de_la_grossesse-pdf.pdf

 

Cette première semaine de blog a été très dense, n’est-ce pas ? 

Je vous laisse donc digérer tout ça tranquillement et vous retrouve sans faute mardi pour une nouvelle aventure de notre petit héros. Bon WE à tous

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