La synaptogenèse

Blog pour les futurs parents

Le printemps de la vie

La citation du jour :

 « Voyez-vous dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions les suivent. » 

Antoine de Saint Exupéry

La synaptogenèse

Voici le dernier article un peu technique sur la neurophysiologie du cerveau. Même si cela était peut-être un peu fastidieux, je pense que c’était important pour poser le décor.

J’espère que cela vous aura néanmoins intéressé et que vous vous serez laissés emporter dans l’émerveillement devant la magie de la Vie !

Flickr.com

  • Alors, cette synaptogenèse ? En quoi est-elle différente de la neurogenèse ? c’est un peu du chinois tout ça.
  • Oh, ben non, ce n’est pas sorcier : la neurogenèse, c’est la création de nouveaux neurones et la synaptogenèse, la création de nouvelles synapses. CQFD !
  • ?
  • OK, le mot synapse signifie connexions. Il vient du grec syn « ensemble» et haptein « toucher, saisir ». On aime bien toujours mettre un peu de latin et de grec en anatomie et en médecine, surtout.

Synapses par Linda-flyckr.com

Alors voilà : nous avons déjà parlé des dendrites dans un article précédent. Tout le système de la synaptogenèse se passe au niveau des terminaisons nerveuse, les dendrites. Cette partie-là du neurone a la capacité de répondre à une stimulation, en créant des nouvelles connexions, de plus en plus nombreuses, au fur et à mesure des répétitions. En effet, il faut savoir que le cerveau est programmé pour oublier et que pour inverser ce système, nous devons tout répéter pour apprendre. Répéter, répéter, répéter, encore et encore.

Mariasme-Flickr

Et c’est ainsi que le cerveau va se spécialiser, dans n’importe quel domaine, d’ailleurs. Que ce soit celui des langues, de la marche ou de la natation, de la musique, des compétences relationnelles ou des violences. Le cerveau ne peut pas faire la différence. Il crée des synapses là où il y a de la stimulation, point c’est tout !

Donc, plus il y a de répétitions, plus il crée et renforce les synapses.

Neural Stimulation par Gabe and Amanda Phoenix

 Alors, tout simplement, à la place d’appeler ce processus la connexiogenèse, on lui a donné ce nom très savant de synaptogenèse, soit parce que ça fait plus sérieux, ou plus joli.

La synapse

Lorsqu’il y a un influx nerveux, il est  conduit, via l’axone, jusqu’aux terminaisons du neurone où se trouvent des milliers de petites expansions, les dendrites, sur lesquelles se trouvent les synapses. Ces dernières sont des espaces d’échanges entre deux neurones.

Par l’intermédiaire de ces milliers de connexions entre les neurones, les dendrites multiples d’un seul neurone sont autant de portes d’entrées,

 huahine2008-Flickr

permettant de recevoir de nombreuses informations sous forme d’influx nerveux provenant des cellules voisines.  Il existe de 1 à plus de 100 000 synapses par neurone (en moyenne, il y en a environ 10 000 ! ). Vous vous rendez compte de ce que ça représente dans un monde aussi microscopique ?

La synapse est constituée de trois parties : la membrane présynaptique du premier neurone, la membrane postsynaptique du deuxième neurone et entre les deux, l’espace intersynaptique, décrite comme fente synaptique. Cela signifie que les neurones ne se touchent jamais!

Fonctionnement d’une synapse

L’influx nerveux déclenche un potentiel d’action électrique dans la membrane présynaptique d’un neurone. Cette information est ensuite transmise à son voisin, via le no man’s land qu’est la fente synaptique. Suite à l’impulsion électrique, c’est là que seront relâchés des neurotransmetteurs, qui déclencheront l’excitation ou l’inhibition du neurone postsynaptique.

L’élément présynaptique ( du neurone expéditeur) est rempli de petites vésicules de formes variées, contenant chacune un neurotransmetteur ( par exemple, la dopamine, la nordrénaline, la sérotonine, le glutmate, le GABA, etc.).

La fente synaptique ne mesure que quelques dizaines de nanomètres (un millionième de mm !). L’élément postsynaptique, en revanche, est totalement dépourvu de ce type de vésicule. La membrane postsynaptique, censée recevoir l’influx, porte des récepteurs membranaire, sous forme de protéines, spécifiques à l’un, seulement, des neurotransmetteurs.

Celui-ci, sécrété par l’axone du neurone présynaptique, atteint alors les sites récepteurs du deuxième. Ce contact chimique déclenche diverses réactions électrolytiques et enzymatiques. Le résultat de ces diverses interactions sera un nouvel influx nerveux, qui se transmettra de ce neurone à la cellule voisine avec laquelle il est connecté. Ainsi, le même processus synaptique se reproduira encore et encore.

Pinterest.com

D’une cellule à l’autre, l’information change de nature. Elle passe de l’énergie électrique du potentiel d’action de l’une,  à la forme chimique des neurotransmetteurs de l’autre. Suivant leur effet, on différencie les synapses excitatrices et les synapses inhibitrices.

Bien qu’elles commencent déjà à apparaître par-ci par-là entre la 6ème et la 8ème semaine de gestation, le nombre de synapses va littéralement exploser à partir de la 20ème semaine et maintenir ce rythme effréné jusque vers l’âge de 5-7 ans.

La synaptogenèse ralentit ensuite son rythme, pour diminuer fortement après l’adolescence. On l’observe, par exemple avec l’apprentissage des langues qui est très facile dans les premières années de l’enfance, puis de  plus en plus difficile au fur et à mesure que l’on vieillit.

Mais elle se maintiendra cependant active pendant toute la vie, ce qui explique entre autre, que le phénomène de la neuroplasticité continue de remodeler notre cerveau de jour en jour et d’heure en heure. Par exemple, votre cerveau vient de créer ou de renforcer certaines de vos synapses entre le début de la lecture de cet article et juste maintenant. Pendant ces 2 minutes, se sont donc passé des phénomènes de neuroplasticité et v0tre cerveau est différent d’avant.

Pour résumer, on peut donc dire que la plupart des neurones se parlent via leurs synapses,  en échangeant des produits chimiques amenés jusque-là par des petites vésicules, qu’on appelle les neurotransmetteurs. Cette sécrétion est déclenchée par des potentiels d’action électriques qui se passent au niveau des membranes cellulaires.

Tout cela est décrit en détails dans mon livre

Et voici un autre livre proposé :

 

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